Des Canadiens intéressés par l’IA, mais qui s’en méfient

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Les Canadiens seraient à l’aise avec une intégration plus poussée de l’intelligence artificielle en entreprise, mais demeurent toutefois méfiants par rapport aux possibles fuites de données et autres traitements inattendus ou inappropriés de leurs informations personnelles ou financières, révèle un récent sondage de la Banque TD.

Selon les résultats du coup de sonde, 72% des résidents du pays sont ainsi disposés à ce que les entreprises s’appuient sur l’IA, si celle-ci permet d’offrir des services améliorés et plus personnalisés. Cependant, cette ouverture s’accompagne également d’une méfiance certaine; ainsi, 68% des répondants indiquent également qu’ils ne comprennent « pas assez bien la technologie pour en connaître les risques ».

« Compte tenu de l’adoption de plus en plus répandue de l’IA dans le secteur des services financiers, nous croyons que le moment est idéal pour faire progresser une discussion sectorielle qui va au-delà des principes pour créer de façon responsable des services de calibre mondial pour les Canadiens et les Canadiennes. Nous voyons le présent rapport comme un pas important en ce sens », mentionne Michael Rhodes, chef de groupe, Innovation, Technologie et Services communs chez TD, dans une note d’information accompagnant la publication de l’étude.

Interrogés à savoir quels étaient les aspects importants dont doivent tenir compte les entreprises lorsque vient le temps d’intégrer l’IA dans leurs activités quotidiennes, les participants à l’étude ont principalement mentionné la gestion de leurs données personnelles et leur utilisation (70% des répondants), l’obligation de respecter des normes en matière de transparence lorsque vient le temps d’utiliser des technologies liées à l’intelligence artificielle (55%), ainsi que la facilité d’explication et de compréhension des décisions prises à l’aide de ces technologies (28%).

« Malgré sa connaissance de la technologie, une vaste majorité (77%) de la population s’inquiète des risques que pose l’IA pour la société, tandis que la même proportion de gens trouve que l’IA progresse trop rapidement pour que l’on puisse vraiment comprendre les risques potentiels », indique encore la TD dans sa note d’information.

« Être en mesure d’expliquer les décisions prises par une IA importe surtout quand ces décisions touchent la vie d’une personne. Par exemple, vous devez être prêt à expliquer comment vous avez pris une décision qui a trait à une embauche ou à un licenciement, à l’octroi de crédit ou à l’acceptation d’une proposition d’assurance. D’autres décisions pourraient ne pas appeler les mêmes exigences d’explicabilité. Les entreprises doivent tenir compte de cette distinction », indique de son côté Jodie Wallis, directrice générale, Intelligence artificielle, chez Accenture.

Pour Richard Zemel, professeur à l’Université de Toronto et directeur de la recherche à l’Institut Vecteur pour l’intelligence artificielle, la clé d’un système d’IA implanté en entreprise, c’est l’équilibre. « Bien qu’il puisse être nécessaire de retirer des données dans certains cas, pour éviter un biais ou pour respecter les normes de confidentialité, des données manquantes dans un modèle d’IA peuvent causer des problèmes. Les services financiers doivent adopter une approche qui tient compte de cette difficulté », a-t-il indiqué.


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