Un rapprochement russo-ukrainien bien accueilli par les Nations unies

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L’heure semble être au rapprochement entre l’Ukraine et la Russie, qui se livrent toujours une guerre par contumace, Kiev luttant encore, malgré une trêve fragile, contre des rebelles prorusses sur l’est de son territoire, alors que Moscou contrôle toujours la Crimée et équipe et finance sans doute les mêmes rebelles. Un échange de prisonniers, samedi, a toutefois été bien accueilli par la communauté internationale, y compris par les Nations unies.

Dans une déclaration publiée par son porte-parole, Stéphane Dujarric, sur le site web des Nations unies le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a ainsi félicité « tous ceux qui ont mené à bien cette initiative, y compris le président (ukrainien) Volodymyr Zelensky et le président (russe) Vladimir Poutine ».

M. Guterres dit par ailleurs espérer « que cet acte humanitaire important puisse constituer une étape positive dans le renforcement de la confiance de tous, permettant ainsi un dialogue régulier et constructif à tous les niveaux en vue de préparer le terrain à un éventuel règlement du conflit dans l’est de l’Ukraine ».

Samedi, Kiev et Moscou ont entamé un ballet géopolitique et diplomatique réglé au quart de tour, en échangeant chacun une trentaine de prisonniers, ce qui devrait permettre aux deux capitales de repartir sur de nouvelles bases, afin de tenter d’inaugurer des discussions pour réduire les risques d’un nouvel embrasement de l’Est ukrainien. Quant à la normalisation des relations entre les deux pays, impossible d’y songer pour l’instant, écrit Reuters.

Dans les deux métropoles, donc, deux avions se sont posés environ au même instant pour permettre l’échange des 35 détenus de part et d’autre. Parmi les prisonniers ukrainiens libérés par la Russie, on trouvait 24 marins arrêtés par la Russie lors d’un accrochage près de la péninsule de Crimée, l’an dernier. Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné par Moscou, était aussi du lot.

Du côté des Russes ayant retrouvé leur liberté, il y avait Volodymyr Tsemakh, suspecté d’être impliqué dans la destruction du vol de Malaysia Airlines qui a été détruit par un missile sol-air de fabrication russe au-dessus de l’Ukraine, en 2014. Le tir avait tué tous ceux qui se trouvaient à bord de l’appareil, faisant du même coup 298 morts.

Nouvellement élu président de l’Ukraine, après avoir fait campagne sur le fait qu’il ne possédait aucune expérience politique, à l’exception du fait qu’il avait justement joué le rôle du président ukrainien dans une série télévisée, M. Zelensky a déjà dit souhaité mettre fin au marasme dans lequel sont engluées les relations entre l’Ukraine et la Russie, et ainsi ramener la paix dans la région.

De son côté, le secrétaire général des Nations unies a demandé à toutes les parties impliquées dans le conflit de « prendre des mesures supplémentaires dans cet esprit pour que les efforts de paix en cours déployés par le Format Normandie (Russie, Ukraine, Allemagne et France), le Groupe de contact trilatéral, l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et d’autres acteurs, continuent de porter leurs fruits, notamment en assurant un cessez-le-feu durable, en assouplissant les conditions humanitaires le long de la ligne de contact et en permettant des progrès dans la mise en œuvre des accords de Minsk ».


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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