World Press Photo Montréal 2019: l’actualité sans filtre

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Comme à chaque année depuis maintenant 14 ans, l’exposition World Press Photo a été inaugurée en sol montréalais à la fin août. Au programme? Le meilleur du photojournalisme de la précédente année et des clichés déchirants qui montrent l’actualité internationale sans filtre.

Présentée du 28 août au 29 septembre 2019 au Marché Bonsecours, cette 14e édition est le fruit d’une analyse détaillée de 78 000 clichés soumis par 4700 photographes provenant de 155 pays. De ce nombre, les 150 images primées ont été prises par 42 photographes issus de 23 pays différents. Et c’est ce qui est donné à voir dans la salle principale De La Commune et sur la mezzanine du Marché Bonsecours jusqu’à la fin septembre.

Traces et témoins de l’histoire actuelle, les photos sélectionnées évoquent les grands enjeux diplomatiques, politiques, environnementaux et culturels de l’année. Huit catégories sont mises à l’honneur : actualité, information générale, sujet contemporain, portrait, environnement, nature, sport et projet à long terme. Plusieurs photos mettent chacune de ces catégories en images, racontant ce qui s’est produit au cours de la dernière année. On y voit comment une jeune adulte a dû se déguiser en homme afin d’assister à un match de soccer en Iran ainsi qu’un projet de longue haleine présentant des jeunes de provenance diverse qui s’enrôlent dans l’armée. On s’arrête un moment devant des clichés montrant des pumas dans un parc régional chilien ou celui d’un reportage sur les naissances multiples de jumeaux dans le sud-ouest du Nigéria. Le spectateur sera également touché par les photos évoquant la grossesse des anciennes guérilleras colombiennes ou celle d’un enfant couché sur un matelas au beau milieu des déchets qui jonchent un fleuve philippin, pour n’énumérer qu’une infime parcelle des histoires incarnées par le biais des images primées pour cette 14e édition.

Parmi ces clichés, plusieurs évoquent la question des migrants, notamment le sort réservé aux migrants qui franchissent les lignes américaines. D’ailleurs, la photo lauréate est celle d’une fillette pleurant devant les agents des services frontaliers qui fouillent sa mère alors que la famille vient d’arriver aux États-Unis. Intitulé Fillette en pleurs à la frontière, le cliché gagnant de la famille hondurienne a été pris par le photographe américain John Moore pour Getty Images. Cette image tragique montre une scène qui s’est produite le 12 juin dernier. Yanela Varela, âgée de 2 ans, est vivement ébranlée tandis qu’on ne voit que les jambes de sa mère Sandra Sanchez et de l’agent qui procède à son arrestation au Texas. Puisqu’on ne discerne pas leurs visages, les adultes sont tous deux dénués d’une certaine forme d’individualité, tandis que la présence de cette fillette vêtue d’un survêtement rouge confère à la scène un aspect brutal.

Événements en parallèle

Monia Chokri, comédienne, réalisatrice et porte-parole de cette édition, présente par ailleurs une série de 14 portraits dans une micro exposition qui se nomme Crépuscule amour, je te sais intime. Cette dernière donne à voir des photographies argentiques que Mme Chokri a prises à Montréal et à Paris au cours de l’été.

Un hommage en photos est également rendu au journal L’Itinéraire, qui célèbre son 25e anniversaire. En parallèle, les spectateurs peuvent prendre le temps d’admirer les photos issues des expositions connexes: Le visage de la coopération volontaire présenté par Oxfam-Québec, Montréal selon les photographes de La Presse, ainsi qu’ICI RDI Correspondants et artisans. De plus, de concert avec Ubisoft, les visiteurs ont la chance d’effectuer un voyage virtuel au Moyen-Orient par le biais d’une exposition en réalité virtuelle intitulée Cités millénaires: voyage virtuel de Palmyre à Mossoul.

Organisé depuis 1955 par la Fondation World Press Photo, ce concours revêt en quelque sorte le caractère des Oscars, mais pour le médium photographique. L’événement s’arrête à Montréal pour un mois seulement, présentant des photos tout en sensibilité et sans filtre. L’exposition sera ouverte au public du dimanche au mercredi, de 10 h à 22 h, et du jeudi au samedi de 10h à minuit.


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À propos du journaliste

Émilie Plante

Rédactrice web, geek au tempérament artiste, Émilie est une touche-à- tout qui carbure au café et aux activités culturelles. Éternelle étudiante, elle détient un baccalauréat en histoire de l’art, une maîtrise en muséologie, a quelques cours en communication et en gestion derrière la cravate ainsi qu’un doctorat honorifique en « flattage » de chats. Depuis 2009, elle écrit pour des blogues d’entreprises ou des sites traitant de sujets divers (univers geek, communication, féminisme, musique techno, technologies) et est journaliste culturelle depuis plusieurs années. Ses sujets de prédilection sont le cinéma, la danse contemporaine, les arts visuels, la muséologie et… sans doute aussi les chats.

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