Conan Unconquered, l’aventure les cheveux au vent

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Il n’y a pas de paix possible, au royaume de Conan le Barbare; la violence et la guerre y règnent en maîtres. Et dans Conan Unconquered, développé par Petroglyph Games, le joueur devra se battre à chaque instant pour tenter de survivre face à la horde de créatures sanguinaires qui se lancent à l’assaut de son bastion.

Est-il toujours nécessaire de présenter Conan le Barbare? Après tout, son interprétation par Arnold Schwarzenegger, au début des années 1980, a fait époque. Depuis, toutefois, la franchise a peiné à s’imposer dans le milieu des jeux vidéo. Peut-être parce que l’industrie regorgeait déjà de guerriers peu loquaces tout en muscles et armés d’une épée rutilante? Quoi qu’il en soit, voilà donc une nouvelle tentative. Après le jeu de rôle massivement multijoueurs en ligne (Age of Conan, développé par Funcom, qui a aussi publié Conan Unconquered) et le jeu en ligne axé sur la survie (Conan Exiles, qui était notoirement impitoyable, là encore créé par Funcom), voilà que Funcom confie le témoin – ou plutôt, la hache – à Petroglyph, dont la feuille de route n’est pas des plus impressionnantes.

On a bien eu droit à l’excellent Star Wars: Empire at War, en 2006, et à son expansion, mais depuis, les titres se succèdent sans coup de circuit, surtout après deux jeux de stratégie en temps réel, Grey Goo et Universe at War, qui n’ont sans doute pas eu le succès escompté.

Bref, voilà donc Conan Unconquered, dont les idées sont intéressantes, mais dont le registre en matière de scénario et de jouabilité n’est pas extraordinaire. Il s’agit d’un jeu de stratégie en temps réel, certes, mais aussi (et surtout) d’un jeu de défense contre des hordes d’ennemis toujours plus puissants, un tower defense, tel que stipulé dans la langue de Shakespeare. Les joueurs auront besoin de faire preuve d’intuition et d’audace pour rapidement développer leur base, exploiter les ressources avoisinantes et recruter une armée, avant que des créatures toutes plus horribles les unes que les autres ne déferlent de part et d’autre de la carte.

Si l’aspect visuel du jeu évoque effectivement un titre de la décennie précédente, plutôt que la dernière création effectuée à l’aide de l’engin Unreal, par exemple, on peut aisément pardonner aux développeurs. De toute façon, bon nombre de titres contemporains s’appuient sur des graphiques que l’on pourrait juger dépassés, de sorte que les normes modernes vont du pixel art aux environnements gigantesques et particulièrement exigeants pour des ordinateurs dernier cri.

Saluons plutôt les influences marquées de la part de Stronghold, le jeu de stratégie médiévale au fonctionnement relativement similaire, et qui s’impose encore aujourd’hui comme un classique du genre. À cela s’ajoutent quelques touches particulièrement réussies, comme ces bâtiments en feu qu’il faudra s’efforcer d’éteindre pour pouvoir ensuite les réparer, ou ce sentiment d’angoisse que l’on ressentira même avant que l’ennemi ne se lance à l’assaut de nos murs.

Ce qui coince, en fait, c’est qu’il est nécessaire de se préparer à l’arrivée de l’ennemi, et… c’est en gros le seul objectif à atteindre. Il n’y a pas de campagne à proprement parler, sinon une progression de la difficulté, pas de personnages auxquels s’attacher, etc. Même Conan est fidèle à lui-même, et ne dit presque rien. Il y a bien l’aspect coopératif de la chose qui a quelques mérites, mais c’est hélas trop peu, trop tard pour garantir le succès du jeu.

Conan Unconquered n’est pas raté, loin de là. Le titre est simplement peu excitant, peut-être trop simple ou pas assez original pour son propre bien. Ou peut-être qu’au bout du compte, Conan n’est pas un personnage intéressant pour le monde du jeu vidéo?

Conan Unconquered

Développeur: Petroglyph

Éditeur: Funcom

Plateforme: Windows (Steam)

Jeu disponible en français (interface et sous-titres)


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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