Cowboys d’hier et d’aujourd’hui dans votre salon

1

Sympathique, mais limité pétard mouillé qu’est ce The Kid, variation semi-opportuniste, semi-paresseuse sur le genre daté, mais constamment actuel du western qui ne manque pourtant pas de propositions reluisantes.

Près d’une décennie après sa dernière réalisation, l’acteur reconnu, mais un peu effacé qu’est Vincent D’Onofrio a choisi une valeur plus sûre pour mettre un peu de piquant dans sa carrière, qui se résume davantage à la télévision qu’au cinéma, récemment. Avec un film ressemblant à un trip d’amis par moment, il a fait appel à quelques collègues du remake décevant qu’était The Magnificent Seven pour construire à son tour un western un peu plus ambitieux, mais pas pour autant plus reluisant, qui se tisse autour du mythe de Pat Garrett et Billy the Kid.

D’Onofrio le cinéaste n’est toutefois pas Peckinpah, et le premier scénario complet assuré par Andrew Lanham manque de tonus. La pratique consistant à tisser une histoire principale qui croise le chemin de personnalités importantes qui se retrouvent en retrait ne date pas d’hier, et le désir de marier à la fois les éléments du western conventionnel et du western crépusculaire n’était pas mauvaises, mais puisque le réalisateur n’est pas non plus Dominik ou même Mangold, malgré de jolies images, un rythme décent qui ne s’étire pas trop et une trame sonore tout indiquée, le film ne fait jamais vraiment honneur à ses nombreuses possibilités.

Il y a pourtant beaucoup de cœur à l’ouvrage. Oui, bien des dialogues sonnent creux et certains passages frôlent le film de seconde main, mais la distribution parvient à livrer des performances assez inspirées pour nous garder à l’affût.

La pochette du coffret

La pochette du coffret

Outre un sympathique Ethan Hawke et un Chris Pratt étonnamment efficace dans un rôle impressionnant de méchant sans pitié, Dane Dehaan, bien que trop vieux pour le rôle, continue d’ajouter des personnages de mention à sa filmographie. Si l’on préférera oublier Valerian, on rappellera que ce dernier a été nul autre que James Dean et Harry Osborne dans le passé.

Bien qu’efficace, on regrettera que dans le rôle principal, le nouveau venu Jake Schur, évoquant Trevor Morgan avec un peu moins de charisme, n’ait pas entièrement l’étoffe nécessaire pour tenir tête à ses compatriotes, se plaçant plusieurs coches en dessous de Logan Lerman qui se retrouvait à partager la vedette avec Christian Bale, Russell Crowe et Ben Foster dans le magnifique remake de 3:10 to Yuma.

Reste alors un film qui a une belle soif de liberté, mais qui aurait peut-être dû ne pas autant se concentrer sur ses éléments les moins forts, ce qui fait en sorte qu’il ne réalise bien souvent pas son plein potentiel.

L’édition DVD ne contient aucun supplément, mais a une traduction française renommée Billy le Kid à l’instar de son blu-ray, qui possède également quelques segments making of.

5/10

The Kid est disponible en DVD et blu-ray via VVS films depuis le 25 juin dernier.

Partagez

À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

Un commentaire

  1. Pingback: Shaft, le remake plus qu'inutile - Pieuvre.ca

Répondre