Couper les fonds pour l’avortement signifie plus d’avortements

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En 2001, les États-Unis ont coupé le budget de l’aide étrangère qui allait aux cliniques d’avortement en Afrique subsaharienne. Résultat, pendant les huit années suivantes, les avortements… ont augmenté.

Selon des chiffres récoltés par l’équipe d’Eran Bendavid, de l’Université Stanford, en Californie, la moitié des pays ont été « très affectés » par l’arrêt du financement, les autres étaient moins dépendants de l’aide américaine en santé. Les pays les plus dépendants ont vu une hausse des avortements allant jusqu’à 40%. Les chercheurs ont analysé des données de 26 pays africains, allant de 1995 à 2014.

Une raison indirecte pourrait être que ces cliniques fournissent aussi des services de conseils et de références reliés à la contraception, de sorte que les coupes budgétaires entraînent une hausse des grossesses non-désirées — un fait qui ne surprendra personne en santé publique, mais qui n’avait jamais été quantifié de cette manière. Les chiffres sont parus le 27 juin dans la revue médicale The Lancet Global Health.

Il faut dire que ce financement « pour ou contre l’avortement » est des plus politiques. Coupé par Ronald Reagan dans les années 1980, rétabli par le président démocrate Bill Clinton en 1993, il avait été annulé dès son élection, en 2001, par le républicain George W. Bush, avant d’être rétabli par Obama, puis coupé par Trump. On l’appelle la politique de Mexico — du nom de la ville où elle avait été annoncée par Reagan en 1984 — et elle bloque « tout financement fédéral » à des « organisations non gouvernementales qui fournissent des conseils ou des références » en matière d’avortement.


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