Au pays de la fantasy jeunesse, avec Les chroniques de Braven Oc

1

Adaptée du roman du même nom de l’auteur franco-canadien Alain Ruiz, la bande dessinée Les chroniques de Braven Oc propose de la fantasy qui, même si elle s’adresse spécifiquement aux plus jeunes, ne lésine pas sur la qualité.

Prenant place dans un futur éloigné, la bande dessinée Les chroniques de Braven Oc dépeint un monde où, suite à une catastrophe écologique, l’humanité vit désormais sous le joug des Homoplantes, des créatures végétales régnant en despotes sur la planète. Âgé de douze ans, Braven habite le paisible village de Salcius, mais un beau jour, une bien mauvaise surprise l’attend en rentrant chez lui après une journée aux pâturages.

Persuadé qu’ils n’ont pas payé leurs impôts, Torguen, le seigneur de la région d’Oc, a en effet jeté un terrible sortilège contre les villageois, les pétrifiant dans d’étranges amas de racines. N’écoutant que son courage, le jeune héros décide alors de partir en direction de la cité des Homoplantes afin de libérer sa famille et ses amis de ce mauvais sort, et si la route s’annonce truffée de dangers, Braven y fera aussi la rencontre de compagnons, qui l’aideront à mener à bien sa mission.

La couverture de l’album

S’inscrivant dans la plus pure tradition du « heroic fantasy », Les chroniques de Braven Oc livre une aventure amusante à hauteur d’enfants. Tout en reprenant certains lieux communs du genre (dont une quête pour retrouver une épée aux pouvoirs mystiques ou un groupe de héros composé d’un magicien, d’un archer, d’une voleuse pouvant se rendre invisible et d’un jeune paladin), la bande dessinée parvient à émerveiller par son monde insolite peuplé de lapins-putois, d’aigloups, de chiens parlants, ou d’arbres-pluie capables de s’arroser eux-mêmes lorsque le feu les menace. En plus de véhiculer de bonnes valeurs et d’avoir une forte conscience écologique, le récit de ce premier tome se conclut de manière satisfaisante et ne laisse pas les lecteurs en suspens jusqu’à la sortie du prochain volume, ce qui est encore mieux.

Deux pages de l’album

Parées de couleurs chatoyantes, les illustrations des Chroniques de Braven Oc visent manifestement un jeune public. Si les personnages arrondis dotés de grands yeux, les villages féériques aux maisons pittoresques ou les forêts remplies d’animaux fantastiques revêtent un aspect résolument mignon sous le coup de crayon fin et délicat de Picksel, l’artiste atteint toutefois un bel équilibre, et injecte juste ce qu’il faut de noirceur à ses planches pour rendre le récit palpitant, et ses Homoplantes utilisant leurs lianes comme des tentacules ou ses dragons menaçants fendant le ciel transmettent très bien le sentiment de danger, sans jamais montrer une seule goutte de sang ou verser dans une violence graphique qui pourrait rebuter. On peut donc mettre l’album entre les mains des enfants sans aucune crainte.

Bénéficiant d’un prix d’introduction de 5.95$ (ce qui est vraiment très abordable pour une bande dessinée), le premier tome des Chroniques de Braven Oc constitue une très belle occasion d’initier les plus jeunes aux plaisirs de la fantasy.

Les chroniques de Braven Oc Tome 1: L’Épée de Galamus, de Alain Ruiz, Didier Alcante et Picksel. Publié aux Éditions Kennes, 48 pages.


Autres contenus:

L’homme à la fourrure, ou la perversion d’une oeuvre

Partagez

À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

Un commentaire

  1. Pingback: Critique Les chroniques de Braven Oc - Patrick Robert

Répondre