Appel à la fin de la « persécution collective » de Julian Assange

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Julian Assange, le fondateur de Wikileaks et ex-réfugié politique de l’Équateur, est-il victime de persécution? Voilà du moins ce qu’estime Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, dans une déclaration présentée vendredi.

Selon M. Melzer, qui a visité M. Assange dans une prison de Londres, où celui-ci purge une peine d’emprisonnement pour avoir violé les conditions de sa résidence surveillée, il est impératif d’éviter que M. Assange soit extradé aux États-Unis, où il pourrait être condamné pour espionnage dans l’affaire de la fuite des câbles diplomatiques américains.

Au dire du rapporteur spécial, « un groupe d’États démocratiques » s’est « ligué » contre le prisonnier pour « l’isoler, le diaboliser et le maltraiter ».

« Mon inquiétude la plus urgente est qu’aux États-Unis, M. Assange soit exposé à un risque réel de violations graves de ses droits de l’homme, y compris sa liberté d’expression, son droit à un procès équitable et l’interdiction de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants  », ajouté M. Melzer, selon ce que rapportent les Nations unies sur leur site web.

Selon l’acte d’accusation présenté par les procureurs américains, Julian Assange risquerait jusqu’à 175 ans de prison en lien avec de présumées violations de la loi sur l’espionnage.

« Cela pourrait bien aboutir à une peine d’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, voire même à la peine de mort, si d’autres accusations devaient être portées à l’avenir », a déclaré le rapporteur spécial, qui a par ailleurs souligné que la santé de M. Assange soit vacillante.

« En 20 ans de travail avec les victimes de la guerre, de la violence et de la persécution politique, je n’ai jamais vu un groupe d’États démocratiques s’unir pour isoler, diaboliser et maltraiter délibérément un seul individu depuis si longtemps et avec si peu de respect pour la dignité humaine et l’État de droit », a affirmé M. Melzer.

« Depuis 2010, lorsque Wikileaks a commencé à publier des preuves de crimes de guerre et de torture commis par les forces américaines, nous avons assisté à un effort soutenu et concerté de la part de plusieurs États pour faire extrader M. Assange vers les États-Unis aux fins de poursuites, ce qui suscite de vives inquiétudes quant à la criminalisation du journalisme d’investigation en violation de la Constitution américaine et du droit international des droits humains », a poursuivi l’expert.

Torture psychologique

M. Melzer juge par ailleurs que Julian Assange a été soumis pendant des années non seulement à du stress intense, mais aussi à des « peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dont les effets cumulés ne peuvent être qualifiés que de torture psychologique ».

« En affichant une attitude de complaisance au mieux et de complicité au pire, ces gouvernements ont créé un climat d’impunité qui encourage la diffamation et les abus sans entraves de M. Assange », a-t-il encore indiqué, avant d’exhorter le Royaume-Uni à ne pas extrader le prisonnier vers les États-Unis, ou vers tout autre pays susceptible de renvoyer le détenu vers le pays de l’Oncle Sam.

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Pieuvre.ca

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