Harry Potter et l’Ordre du Phénix en format ciné-concert

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Pour la cinquième fois, la troupe Ciné Concert était de passage à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts afin d’interpréter en direct la bande originale du film Harry Potter et l’Ordre du Phénix.

Il y a toujours quelque chose de bluffant d’observer les dizaines de musiciens de l’orchestre s’appliquer à restituer l’une des bandes sonores les plus célèbres du cinéma, et ce, en parfaite synchronicité. À tout coup, notre attention se porte sur l’écran et l’on oublie que juste en dessous, ces musiciens réussissent inlassablement à tenir le rythme et à réussir leur entrée dans chacune des scènes musicales du film, le tout sous la baguette animée de la chef d’orchestre Sarah Hicks.

Il importe aussi de mentionner que ce cinquième film de la saga Harry Potter représente, pour beaucoup d’admirateurs, une sorte de transition, un pivot narratif dans la longue odyssée du jeune sorcier. Cet opus de la saga met aussi en scène la détestable professeure Dolores Umbridge que les spectateurs sont encouragés par la chef d’orchestre à huer tout au long du spectacle.

Or, comme trop souvent dans la succession de compositeurs qui se sont défilés pour remplacer John Williams à la barre (celui-ci n’assura la composition que pour les trois premiers films), on aurait apprécié davantage d’originalité dans la musique du film ici composée pour la première fois par Nicholas Hooper. En ce qui nous concerne, cette chère professeure Umbridge n’a malheureusement jamais réellement trouvé ici son alter ego musical représentatif d’une telle noirceur d’âme.

Pour un orchestre de ce calibre – et le mélomane averti – la bande sonore de ce cinquième opus est davantage constituée de remplissage, plutôt que de réelles envolées orchestrales. Même le thème principal de la franchise (Hedwig’s Theme) est absent, voire carrément dissimulé derrière d’épaisses couches de violons sans grand intérêt. À notre avis, Nicholas Hooper s’est beaucoup mieux exprimé musicalement dans le film subséquent Harry Potter et le prince au sang mêlé.

Le film nous apparaît donc grandement dépourvu de moments musicaux mémorables. Seule la pièce Fireworks est réapparue périodiquement dans les films subséquents et représente une sorte de rave en hommage à la musique celtique. Ce morceau n’est malheureusement entendu qu’une seule fois, soit durant le générique d’ouverture. Il aurait été de mise d’offrir cette pièce en rappel afin de bien observer l’orchestre à l’œuvre sans distractions tellement ce morceau recèle de passages complexes et variés, notamment pour la section des percussions qui peut s’exprimer librement sur cette partition.

Musicalement parlant, la pièce The Ministry of Magic est également un petit bijou musical dans lequel le mélange entre staccatos des cordes, des bassons et des cors, crée une tension inquiétante alors qu’Harry pénètre dans le Ministère de la magie. Observer l’ensemble de l’orchestre réaliser cette pièce était ici un véritable plaisir.

Mais n’enlevons rien aux musiciens! Malgré tout ce qui précède, les ciné-concerts de la série Harry Potter constituent un divertissement familial de premier choix pour les petits et grands. Comme lors de chacun des concerts de cette série, il demeure toujours aussi fascinant de voir les artisans à l’œuvre, respectant le minutage de chaque scène pour terminer chaque mesure de façon parfaitement synchronisée avec les dialogues du film.

Ce dialogue entre la musique de film et la partition symphonique créé de belles occasions de démocratiser la musique classique, comme en témoigne la multitude de ciné-concerts récemment présentés à Montréal. Ce genre musical permet aux petits et grands d’apprécier la beauté d’un orchestre classique dans un cadre moins formel. Fermez les yeux; la magie opère!


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À propos du journaliste

Xavier Proulx

Architecte, ingénieur et photographe, Xavier Proulx est journaliste pour Pieuvre.ca depuis plusieurs années. Mélomane averti, il se spécialise dans la couverture des événements musicaux de Montréal. Pour lui, ces compte-rendus sont un prétexte pour décrire de façon onirique les impressions du spectateur.

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