Si un fœtus est une personne, devrait-il avoir accès aux mêmes services qu’une personne?

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Les politiciens américains qui, par les temps qui courent, s’empressent de voter des lois qualifiant le fœtus de « personne », semblent beaucoup moins préoccupés par l’avenir de cette « personne ».

Par exemple, l’aide financière de l’État aux nourrissons devrait-elle commencer dès la conception? De même que l’aide financière que devrait verser le père si le couple était divorcé? Auquel cas les élus seraient-ils prêts à rendre obligatoire (comme en Georgie) un test d’ADN pour déterminer la paternité?

Un fœtus devrait-il acquérir la citoyenneté américaine dès la conception? Ce qui, par conséquent, protégerait une mère immigrante du risque de déportation? Les fœtus seront-ils inclus dans le prochain recensement?

Ce sont quelques-unes des questions que pose l’enseignante en droit Carliss Chatman dans un texte d’opinion publié le 17 mai dans le Washington Post. La loi votée la semaine dernière par l’État de l’Alabama, qui interdit l’avortement dans toutes les circonstances, incluant le viol et l’inceste, définit le fœtus comme « un être humain, incluant spécifiquement l’enfant non né, dans l’utérus, à n’importe quel stade de développement, peu importe sa viabilité ».

Mais Chatman n’est pas la seule à pointer le caractère hypocrite de ces législations: dans le contexte très particulier des États-Unis, des internautes ont été nombreux ces dernières semaines à faire ressortir des statistiques embarrassantes qui rappellent à quel point ces élus font en réalité peu de cas du sort futur de l’enfant ou de la femme. Par exemple, le taux de mortalité des mères lors de l’accouchement est, aux États-Unis, parmi les plus élevés des pays riches. C’est la sixième cause de décès chez les femmes de 20 à 34 ans, selon le Centre de contrôle des maladies (CDC). Et pourtant, aucun législateur prétendant vouloir faire du fœtus une personne n’a annoncé ces dernières semaines d’investissements massifs dans les soins prénataux, dans l’aide financière aux nouveaux parents, dans les soins de santé gratuits pour les bébés ou même dans les congés de maternité.


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