Drunk Parents, le film qui donne la gueule de bois

1

Véritable désastre dont on ne peut tout simplement rien sauver, Drunk Parents, renommé Parents Indignes au Québec en version française, suscite le désarroi et la compassion autant pour ceux à l’écran que ceux devant, tous prisonniers d’un épatant naufrage. Le résultat est désormais disponible en DVD.

Il est compréhensible qu’une telle production ait pris autant de temps avant de se rendre au public. Plusieurs raisons peuvent être en cause, comme le désir de toute l’équipe de faire disparaître un tel échec, ou encore les tentatives des producteurs, ou même de son créateur, de sauver l’entreprise.

Pourtant, sur papier, tout semble prometteur. L’idée de parents débauchés ne date pas d’hier et Frank Wolf renoue avec la frivolité de ses propositions précédentes en dénaturant le concept de la famille et du familier. Sauf que si Wolf sait toujours assembler de savoureuses distributions et que ces acteurs se commettent avec dévotion, le matériel n’est décidément pas en leur faveur.

C’était mignon dans The House Bunny, cette naïveté et cette prémisse du changement de cap au point de non-retour, mais ici, l’enchaînement d’idées déjantées ne décolle jamais. De fait, Wolf multiplie les échecs et les films douteux et traîne avec lui des acteurs (qu’on imagine être également des amis) vers son propre gouffre.

Ici des parents coincés dans une impasse financière font des pieds et des mains pour reprendre le contrôle de leur vie bourgeoise en tentant de sauver les apparences au lieu des meubles, pendant que leur fille poursuit son ambitieuse carrière scolaire. Se mettront sur le chemin bien des choses, incluant des araignées en CGI et un prédateur sexuel.

Wolf essaie-t-il de récupérer toutes ces idées perdues de l’époque de Saturday Night Live auquel il a collaboré pendant de nombreuses années? Il fait après tout appel à des cameo qu’il ne mérite pas, tout en faisant revivre un couple qu’on a vu précédemment dans la sitcom 30 Rock. Et on sait qu’Alec Baldwin et Salma Hayek sont capables du pire comme du meilleur, mais il est désolant de les voir se rabaisser à si peu, surtout considérant que Hayek a volé la vedette dans le récent et brillant The Hummingbird project de notre cher Kim Nguyen.

La pochette du coffret

La pochette du coffret

Pourtant, il y a des ambitions. On construit le tout sur une semaine, on crée un sentiment d’enchaînement, on soigne ici et là la musique. Sauf que la folie semble constamment limitée par les conditions modestes de la production alors que même le relatif The House n’avait pas peur de délirer à l’extrême.

L’édition DVD est telle quelle. Pas de suppléments, pas de bloopers, rien. On n’aurait pas dit non à une dernière tentative d’essayer de nous faire rire, histoire de nous montrer qu’ils ont au moins eu du plaisir lors du tournage.

Reste alors une comédie qui aurait pu être drôle, mais qui ne décolle jamais. Un foutoir désastreux qui ne tire profit de rien. Ni de ses possibilités, ni de sa distribution, ni de ses thématiques, ni de ses situations. Un échec cuisant qu’on endure pendant plus d’une heure et demi sans satisfaction. À fuir.

2/10

Drunk Parents est disponible en DVD et Blu-ray via VVS Films dès mardi.


Autres contenus:

HAK_MTL, plongée dans le numérique pernicieux

Partagez

À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

Un commentaire

  1. Pingback: Greta, un thriller au féminin - pieuvre.ca

Répondre