A Plague Tale: Innocence, l’amour au temps des rats

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Dans la France du 14e siècle, deux forces maléfiques rôdent dans les campagnes: la peste, d’abord, mais aussi la terrible Inquisition. Au milieu de ce maelström maudit, Amicia de Rune et son frère Hugo devront faire preuve d’ingéniosité et d’abnégation pour espérer survivre à la mort noire… et à l’Église.

Jeu d’action et d’aventure développé par Asobo Studio et publié par Focus Home Interactive, A Plague Tale: Innocence raconte ainsi l’histoire des deux jeunes héritiers de la famille De Rune. Forcés de s’enfuir devant un étrange mélange d’une attaque de rats assoiffés de sang et des soldats de l’Inquisition, Amicia et Hugo devront apprendre à distraire les gardes et à utiliser leur environnement pour repousser, voire carrément détruire les rats.

Cela ne surprendra guère, mais la protagoniste du jeu, Amicia, n’est guère en état de lutter à armes égales contre des soldats souvent lourdement armés. Elle possède bien sûr une fronde, avec laquelle elle constatera bien vite qu’elle peut éliminer des hommes tête nue, mais ce processus est généralement présenté comme un choix de dernier recours. Au cours de la majeure partie du jeu, il faudra donc se fier à un système de détection relativement simple, où il faudra éviter ou distraire les soldats en se dissimulant derrière divers obstacles, ou encore se cacher dans l’herbe longue. Et pour ce qui est de distraire les adversaires, une pierre habituellement lancée sur un objet métallique permet d’attirer suffisamment leur attention pour avoir le temps de se faufiler vers le prochain refuge.

Viennent ensuite les rats, que l’on comprend rapidement être « allergiques » à la lumière et particulièrement voraces. Il faudra alors, à l’image des soldats, trouver des moyens de les distraire, voire carrément de les utiliser à bon escient pour éliminer des ennemis, par exemple, ou dégager une voie bloquée.

De fait, tout le système d’exploration et d’aventure d’A Plague Tale tourne autour de ces moyens permettant d’éviter la plupart des affrontements. Avec une série de potions et autres concoctions à sa disposition, Amicia devient rapidement capable d’affronter quantité de situations diverses.

Des rats entourent des gens installés près d'un feu.

Attention aux morsures…

Une France multiple

Les développeurs d’Asobo Studio ont vraiment mis le paquet pour pousser les capacités graphiques du jeu à leurs limites. Carrément magnifique, leur titre propose non seulement un environnement inhabituel – rares sont les jeux qui invitent à découvrir la France du 14e siècle, et encore moins une période moyenâgeuse où sévissait la peste –, mais joue également d’une main de maître avec les couleurs pour faire varier les atmosphères.

Ainsi, si l’on peut folâtrer, une minute, dans une verte forêt que l’on imagine sentir bon la terre et le bois, l’instant d’après, les personnages peuvent tomber sur un lieu boueux, sale, froid et sombre infesté de rats aux yeux lumineux qui ne reculeront devant rien pour tout dévorer sur leur passage. Le passage où nos protagonistes doivent traverser un champ de bataille jonché de cadavres et d’engins de siège détruits est certainement l’un des points forts du titre. Franchement splendide, ce chapitre de l’histoire nous indique également que l’histoire du jeu est en fait secondaire, et que des événements à la portée historique plus grande se déroulent pendant qu’Amicia, Hugo et les amis qu’ils rencontrent en chemin tentent de trouver le remède au mal étrange qui paralyse peu à peu le jeune garçon.

Avec ce magnifique côté visuel qui impressionne, une excellente musique et un scénario pas piqué des vers, on pourrait croire qu’A Plague Tale frôle la perfection. Hélas, quelques bémols viennent ternir légèrement le portrait jusqu’alors plus que flatteur. En effet, dans leur désir de maximiser les mécaniques de jeu, et plus particulièrement l’utilisation de l’environnement pour progresser, les développeurs ont trop souvent emprisonné le joueur dans un carcan. Ainsi, pour la plupart des situations auxquelles nous serons confrontés, il n’existera qu’une seule solution, devant parfois être appliquée à la seconde près pour éviter d’être découvert ou encore finir dans la gueule d’un rat. Vous ne pensez pas exactement de la même façon que les développeurs? Il vous faudra multiplier les essais et erreurs, et potentiellement les morts atroces, pour finir par trouver la bonne voie à emprunter. Vers la fin de l’histoire, le joueur dispose d’une plus grande liberté, mais on a trop souvent l’impression de ne suivre qu’un tutoriel interminable.

Autre écueil, les développeurs aiment vraiment – vraiment! – les phases où il faut se faire discret et éviter d’être repéré. Vers la fin du jeu, d’ailleurs, on pensait enfin être débarrassés de ces mauvais moments à passer, mais non, on ne fait que changer de personnage à contrôler, et c’est reparti pour un tour!

Faut-il, donc, se lancer dans l’aventure d’A Plague Tale: Innocence? Les gens de chez Asobo Studio ont clairement fait leurs devoirs, et leur jeu vaut la peine d’être essayé, ne serait-ce que pour s’extasier devant sa beauté et l’utilisation plus qu’efficace de la musique. Pour ceux qui préfèrent foncer dans le tas en brandissant épée et bouclier, toutefois, nous ne sommes pas ici dans Kingdom Come: Deliverance. Et c’est tant mieux!

Une petite note, enfin, pour les amateurs de la langue de Molière: s’il est vrai que le doublage en français laisse parfois à désirer, il s’agit ici d’un jeu justement conçu en France. L’occasion rêvée, donc, de se débarrasser des voix anglaises et de vivre une aventure française… en français!

A Plague Tale: Innocence

Développeur: Asobo Studio

Éditeur: Focus Home Interactive

Plateformes: PlayStation 4, Xbox One, Windows (testé sur Windows / Steam)

Jeu disponible en français


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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