Rétroctopode – Burnout Paradise, le bon vieux temps

0

Ah, Burnout Paradise… Dévaler les rues de Paradise City à toute vitesse, envoyer valser ses adversaires dans le décor et obtenir un ralenti particulièrement satisfaisant au moment de sauter dans le vide, histoire de défoncer un gigantesque panneau d’affichage judicieusement installé sur la trajectoire de notre véhicule. Le classique de Criterion Games est exactement ce qu’il prétend être: un classique.

Lancé il y a un peu plus de 11 ans, maintenant, Burnout Paradise propose rien de moins que de devenir le conducteur casse-cou le plus connu de la ville. Et pour y parvenir, il faudra remporter quantité d’épreuves tournant bien entendu autour de la course automobile. Vitesse, rallye, demolition derby, acrobaties… les joueurs en auront pour leur creuse dent. Multipliez le tout par les nombreux niveaux à franchir, et le titre garantit plusieurs dizaines d’heures de jeu. Un must, donc, pour les amateurs du genre.

Qu’y a-t-il de particulier, dans cette ville du paradis? D’abord, son côté organique: tous les événements, toutes les courses, toutes les épreuves se déroulent à l’intérieur d’une zone bien définie. Les développeurs ont certainement varié les plaisirs, avec quantité de décors divers (plage, montagne, centre-ville, banlieue, etc.), mais ce qui se passe à Paradise City reste à Paradise City. À force de circuler sur les boulevards, d’emprunter des autoroutes ou de sillonner des vallées encaissées, on développe un sentiment d’appartenance à cette ville numérique. On se souvient qu’il est possible d’explorer les tunnels ferroviaires qui plongent dans les montagnes, par exemple, ou encore que le Country Club possède une longue entrée permettant d’effectuer de superbes dérapages contrôlés et ainsi éventuellement doubler des adversaires trop peu téméraires.

Côté aspect visuel, le titre a bien entendu vieilli. Electronic Arts, l’éditeur à l’époque et celui qui possède toujours les droits de la série – et qui agit comme maison mère de Criterion depuis 2004 –, l’a bien compris et propose depuis cette année une version remise au goût du jour avec visuels modernes et autres améliorations destinées à faire tourner correctement le titre sur les plateformes modernes. Sur PC, cependant, la version originale de 2008 est toujours fluide et rapide, en plus d’être compatible avec Windows 10, bien entendu. Il ne faut pas s’attendre à être époustouflé, surtout si l’on veut tirer pleinement partie d’une carte graphique nouvelle génération ou d’un écran très haute définition, mais le plaisir l’emporte ici sur le réalisme. Et malgré ses 10 ans bien tassés, Burnout Paradise impressionne encore, surtout avec ses couchers de soleil et ses grands espaces.

Impossible, non plus, de ne pas parler de la musique. Année 2009 oblige, les différentes chansons qui accompagnent les courses et autres exploits automobiles sont résolument punk-rock, pop, ou parfois même rose bonbon. Avril Lavigne y côtoie Guns and Roses – impensable d’échapper à Paradise City, qui jouera à chaque fois que le jeu sera lancé (!) –, le tout formant un mélange d’une efficacité surprenante. Entre deux pièces, le joueur a également droit à DJ Atomica, sorte de croisement entre un annonceur radio et celui qui permet au joueur d’apprendre les règles de fonctionnement de cet univers de bitume et de grosses cylindrées. Ledit annonceur finit par tomber sur les nerfs après quelques heures, mais il est heureusement possible de le faire taire.

Le côté zone close de Paradise City aura éventuellement un effet négatif: après plusieurs heures, et surtout après avoir progressé en montant régulièrement de niveau, on finit par atteindre les limites de ce qui est offert par Burnout Paradise. En roulant sans cesse sur les mêmes circuits, dans les mêmes rues, chaque fois contre des adversaires toujours un peu plus difficiles à vaincre, il nous prend des envies de vacances, d’aller voir ailleurs. Le jeu est (encore) beau, drôle, divertissant, surprenant, accrocheur, mais ce n’est jamais qu’un jeu de course automobile dans une ville à la superficie tout sauf infinie.

À essayer, histoire de faire vrombir son moteur sur fond de gros rock sale.

Burnout: Paradise – The Ultimate Box

Développeur: Criterion Games

Éditeur: Electronic Arts

Plateformes: PlayStation 3, Xbox 360, Windows (Steam)

Jeu testé sur Windows


Autres contenus:

Rétroctopode – Half-Life 2, l’éternel suspense

Partagez

À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

Répondre