Arion – Ô inspirante nuit!

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Le 3 mai dernier, à la Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal, l’Orchestre baroque Arion clôturait sa 38e saison montréalaise. Intitulé Musica notturna, le programme incluait des oeuvres créées sur un horizon de plus d’une centaine d’années, de Biber à Mozart, en passant par Vivaldi, Barsanti et Boccherini. Enrico Onofri était le soliste et chef invité. Armé de son violon, il a encore une fois mené à bon port l’orchestre qui commence à bien le connaître, puisque c’est sa quatrième collaboration avec Arion.

Les oeuvres au programme avaient toutes en commun le fait d’avoir été inspirées par la nuit. Même inspiration, mais résultats différents. En effet, la Sérénade Der Nachtwächter pour cordes et basse continue de Franz Biber était très évocatrice, mettant de l’avant toutes les sonorités du violon et même les contrastes entre le pizzicato des violons et les notes chaudes et presque lisses des violoncelles et de la contrebasse. Alors que la Serenata notturna, K. 239 pour deux violons, alto, contrebasse, cordes et timbales, de Mozart, nous amenait complètement ailleurs avec des allures, parfois de folie Paganininienne, parfois de rigaudon. Une pièce vraiment très particulière dont l’exécution tout à fait enlevante par Onofri et l’orchestre, a grandement ravi le public. C’était une bonne idée de l’inscrire en fin de programme, même si la chronologie l’y plaçait tout naturellement.

On autre moment qui restera un temps dans nos mémoires, c’est lorsque la flûtiste Claire Guimond s’est faite la complice de Maestro Onofri dans le Concerto en sol mineur op. 10, no 2, La Notte, RV 439 pour flûte, cordes et basse continue. Comme à l’habitude, les partitions pour flûte de Vivaldi ne sont pas écrites pour les amateurs. Mme Guimond a non seulement démontré une grande virtuosité, mais aussi un souffle impressionnant.

Les auditeurs ont aussi eu droit à une pièce plutôt déjantée et festive de Luigi Boccherini, La Musica notturna delle strade di Madrid, op. 30, no 6, G. 324 pour cordes. Là où le violon solo débute de façon plutôt «trash» et où les violoncelles sont tenus comme des guitares, c’est tout juste si la salle a pu rester assise plutôt que de rejoindre les musiciens sur scène pour entamer une danse endiablée en ce joyeux carnaval de Venise. Ouf, l’inspiration nocturne de ce programme n’avait absolument rien de sombre ou d’effrayant.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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