Avengers : Endgame – À la vie, à la mort

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Enfin! Après une vingtaine de films et plus d’une décennie, la saga des Avengers tel qu’on les connaît prend fin. Et si les balises de Disney destinées à assurer un succès usiné à chaque épisode ont effectivement donné lieu à des hauts et des bas, n’ayez crainte: cette finale offre tout ce qu’elle devrait livrer. Sans être extraordinaire, ni réinventer la formule, Avengers: Endgame est certainement réussi.

Dieu merci, cet épisode ultime reprend l’audace de l’étonnante fin de Infinity War et se permet plus de liberté en matière de narration, en retrouvant son côté cinématographique, plutôt que l’aspect trop télévisuel qui engloutit trop souvent les films récents de la franchise.

Fini l’enchaînement relativement fluide d’une infinité de segments plus ou moins reliés, histoire de donner à tous ses personnages (habituellement principaux de leur propre film) l’occasion de briller et de se croiser. Ici, on ne perd pas de temps. Qu’ils se connaissent ou non, les personnages font partie d’une seule et même équipe qui avance dans le même but et le scénario – qui est encore le fruit des deux mêmes têtes – ne fait qu’une bouchée des préambules et des mises en contexte.

De fait, comme on sait qu’on doit composer ici avec beaucoup de personnages de seconde main, dont le charisme n’est peut-être pas aussi évident que d’autres personnages qu’on a « snappé » au passage, on se concentre enfin sur l’histoire, ce qui fait, certainement, toute la différence. Certes, la logique n’est pas nécessairement le but principal, mais tout y est bien plus efficace et moins plaqué, que ce soit les cameo (les fans de la télésérie Community seront ravis d’ailleurs, les frères Russo oblige), les gags (réussis ou non), ou même l’action. Bien sûr, le côté émotif en prend un peu pour son rhume, mais il n’y a aucun doute, on offre sans conteste aux fans ce qu’ils s’attendent à retrouver et cette conclusion est des plus satisfaisante, tout en étant étonnamment assez complète dans les limites envisagés.

Rendre hommage

Il devient alors dur de se lancer dans l’explication du pourquoi et du comment sans tomber dans des détails qui gâcheraient certaines révélations, mais disons au moins qu’ils ont trouvé une façon admirable d’offrir des moments d’anthologie pour les plus grands admirateurs, tout comme la piste la plus sensée pour rendre hommage à la série en entier. Oubliez l’idée que ce film est indépendant à tout autre: oui, il est la suite directe de Infinity War, n’en déplaise à son titre, mais il est aussi la conclusion ultime à une histoire qu’on a voulu mettre en branle pendant plus d’une décennie.

Ainsi, tout y passe. Des répliques clés à des références par objet, le sentiment d’hommage est mis à l’avant-plan, et on s’acquitte ici de la lourde tâche avec beaucoup de doigté. Bien sûr, on aurait aimé un peu moins de raccourcis simplistes et une plus grande importance accordée à des éléments qu’on jugeait plus nécessaires (comme Captain Marvel ou certains personnages qui n’ont même pas droit à une seule réplique malgré leur présence à l’écran), mais compte tenu de l’ambitieuse durée de trois heures qui s’étire déjà, on se délectera des péripéties avec curiosité et intérêt, elles qui parviennent à nouveau à nous faire sentir comme un gamin devant tant d’assurance et d’émerveillement.

Avec des effets spéciaux qui font le travail et une distribution qui fait croire en ce sentiment d’unité (moins blasés et visiblement heureux d’enfin en finir avec ce satané contrat), on est grandement divertis et on y voit ici enfin toutes les raisons de comprendre le succès derrière un tel produit. Bien sûr, il y a des éléments qui valent à eux-seuls le déplacement, comme l’irréprochable Chris Hemsworth, qui ne cesse de revamper son Thor à chaque apparition, mais au final, on aura l’impression que tout cela en valait peut-être la peine.

Bien sûr, on la joue très sécuritaire, on ne réinvente rien (c’est Disney et non Sony et son extraordinaire Spider-Man: Into the Spider-Verse, après tout) et on essaie de satisfaire tout le monde sans froisser personne (on montre le rasage de la barbe, on commente les changements de coupes de cheveux, on offre un moment féministe qui n’a aucun naturel pour faire oublier les femmes dans la série et leur rapport au sacrifice, on commence littéralement le film en répondant à l’une des plus grandes questions de l’épisode précédent). N’empêche, au risque de se répéter, Avengers: Endgame est tout ce qu’il devrait être. Pas vraiment plus, mais décidément pas moins. La conclusion digne des attentes que le film a su bâtir encore et encore et un divertissement qui fait passer un vrai bon moment de cinéma hollywoodien.

7/10

Avengers: Endgame prend l’affiche ce jeudi soir 25 avril.


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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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