Les archéologues affrontent eux aussi les fausses nouvelles

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À l’instar des experts d’autres disciplines, un petit groupe d’archéologues propose à son tour une mobilisation contre la désinformation — parce que, de l’Atlantide jusqu’aux extraterrestres constructeurs de pyramides, il y a bien longtemps que l’archéologie est au cœur d’un faisceau d’affirmations douteuses.

D’aucuns pourraient dire qu’il leur a fallu du temps pour se réveiller: l’émission de télé Ancient Aliens, diffusée sur la chaîne History (!), en est à sa 13e saison. Selon un reportage paru cette semaine dans Science, ce qui aurait alarmé des gens comme David Anderson, professeur d’archéologie à l’Université Radford (Virginie), c’est la dernière édition du sondage annuel sur les « peurs des Américains » (Survey of American Fears) sondage tenu par une université californienne, et qui conclut qu’en 2018, plus de 40% des Américains croyaient que les extraterrestres avaient visité la Terre dans le passé (contre 27% en 2016) et que 57% croyaient à l’existence de civilisations avancées comme l’Atlantide (contre 40% deux ans plus tôt). « Je ne sais pas trop ce qui entraîne la hausse de ces idées, mais des émissions de télé les propagent, ainsi qu’Internet », estime Anderson.

Ils notent par ailleurs que cette « pseudoarchéologie » s’appuie très souvent sur des idées préconçues ou des prémisses erronées, comme cette image d’un guerrier maya (photo ci-haut) qui serait soi-disant assis dans une fusée en train de décoller : là où plusieurs voient le « feu » propulsant la fusée, les historiens de l’art maya reconnaissent la représentation du monde souterrain de l’après-vie, et là où plusieurs voient une fusée, ils voient l’arbre sacré qui fait le pont entre le monde des morts et le nôtre.

La pseudoarchéologie sera à l’ordre du jour du congrès de la Société américaine d’archéologie cette semaine, et certains préviennent d’avance que ça pourrait être un combat plus difficile que ce que d’aucuns imaginent: le reportage de Science signale ainsi que « toutes les femmes interrogées pour cet article ont été victimes de harcèlement en ligne après s’être attaqué à des interprétations pseudoarchéologiques ».


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