Hampstead dans la tourmente après la sortie de son maire sur la laïcité caquiste

1

La petite municipalité de Hampstead, sise à l’ouest de l’arrondissement Côte-des-Neiges à Montréal, ne souhaitait certainement pas toute l’attention médiatique et politique suscitée par les commentaires de son maire sur le projet de loi caquiste sur la laïcité de l’État. L’impact est tel, en fait, que la prochaine séance du conseil municipal est retardée pour laisser le temps aux esprits de s’apaiser.

Dans un bref communiqué, la Ville de Hampstead évoque ainsi la « tempête médiatique » découlant des propos du maire, William Steinberg, pour justifier le report d’une séance extraordinaire du conseil qui devait avoir lieu le 15 avril – lundi prochain –, et lors de laquelle devait être présentée une résolution contre le projet de loi 21.

Celle-ci sera déposée « à une date ultérieure, dans une atmosphère plus sereine », indique encore le communiqué.

Farouchement opposé au projet de loi du gouvernement Legault, qui interdirait aux gens portant des signes religieux d’occuper un « emploi en position d’autorité » au sein du gouvernement, soit principalement les juges, policiers et gardiens de prison, mais aussi les enseignants, le maire Steinberg avait affirmé que la Coalition avenir Québec (CAQ) envisageait un « nettoyage ethnique » au Québec.

Pressé de s’excuser, de retirer ses propos, voire carrément de démissionner, M. Steinberg a plutôt cherché à « préciser sa pensée » en évoquant un « nettoyage ethnique pacifique », soit via des lois « plutôt que des armes », a rapporté Radio-Canada.

Mouvement d’opposition

Volontairement ou non, le maire d’Hampstead est en quelque sorte devenue l’une des figures de proue de la fronde contre le projet de loi caquiste, qui est déploré par tous les partis d’opposition à Québec. Du côté des libéraux et des solidaires, on soutient que le projet de loi est discriminatoire; chez les péquistes, on aurait souhaité que l’interdiction du port de signes religieux soit étendue aux garderies. Tous les partis d’opposition s’entendent cependant pour affirmer que le projet de loi est mal ficelé, d’autant plus qu’il ne contient pas, dans sa forme actuelle, de dispositions visant à « punir » ceux qui n’en respecteraient pas les divisions.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a brièvement évoqué le fait « d’appeler la police » en cas de violation de la loi, avant d’être rapidement corrigée par le premier ministre. La ministre de la Justice, Sonia LeBel, a plutôt parlé d’éventuelles injonctions.

La virulence des propos de M. Steinberg semble toutefois l’avoir transformé en personne à éviter à tout prix: les membres du Parti libéral du Québec auraient reçu l’instruction de ne plus s’afficher en sa compagnie, pour l’instant.

La sortie du maire de Hampstead est-elle évoquée par la Ville elle-même, lorsqu’elle dit vouloir débattre du projet de loi 21 « sans distractions inutiles »?


Autres contenus:

Le Canada au 9e rang des pays démocratiques

Partagez

À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

Un commentaire

  1. Pingback: Ce débat sur la laïcité qui marginalise le politique - pieuvre.ca

Répondre