Pékin et Washington, grands gagnants d’un « Hard Brexit »

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La Chine pourrait sortir grande gagnante d’un Brexit sans accord, révèle un rapport publié mardi par la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED). À l’opposé, les petites économies et l’espace européen souffriraient d’un tel divorce acrimonieux avec Londres.

« Selon l’agence onusienne basée à Genève, un Brexit sans accord profiterait largement à la Chine et aux États-Unis. Beijing pourrait ainsi empocher 10,2 milliards de dollars supplémentaires d’exportations vers Londres, et Washington, 5,3 milliards de dollars. Autre bénéficiaire d’un « no deal », le Japon qui pourrait espérer voir ses exportations vers le Royaume-Uni gonfler de quelque 4,9 milliards de dollars », lit-on ainsi dans le document.

Au dire de Pamela Coke-Hamilton, directrice de la division commerce international de la CNUCED, la sortie sans accord du Royaume-Uni « augmenterait la compétitivité relative de grands pays exportateurs comme la Chine ou les États-Unis ».

« La Thaïlande, l’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil, la Russie, le Vietnam et Nouvelle-Zélande sont aussi susceptibles d’engranger des gains dans les importations », ajoute-t-on.

Selon la CNUCED, le marché britannique représente environ 3,5% du commerce mondial. En 2018, le Royaume-Uni était le cinquième plus gros importateur de l’UE. Londres a importé l’an dernier des biens d’une valeur totale de près de 680 milliards de dollars de marchandises. Plus de la moitié de ces importations – environ 360 milliards de dollars – provenaient d’Etat européens. L’UE et certains autres partenaires commerciaux du Royaume-Uni jouent donc gros en cas de Brexit sans accord.

L’éventualité d’un « no deal » aurait « des coûts considérables » notamment pour l’UE qui pourrait perdre 34,5 milliards de dollars en exportations vers le Royaume-Uni, révèle l’étude de l’agence onusienne. La Turquie pourrait également faire les frais d’un scénario d’une période de transition sans la négociation d’éventuels accords bilatéraux. Sur cette liste des perdants, Istanbul serait derrière l’UE, avec des exportations vers le Royaume-Uni amputées de 2,4 milliards de dollars.

Des pays en développement mis à mal

« Le Royaume-Uni est un important partenaire commercial pour de nombreux pays émergents, dont les exportations ont bénéficié jusqu’à présent de conditions très favorables d’accès au marché britannique, grâce notamment aux régimes préférentiels de l’UE, relève la CNUCED dans son rapport. « Les pays souhaitant conserver cet accès au marché doivent donc négocier – et rapidement – avec le Royaume-Uni », poursuit l’agence onusienne qui rappelle toutefois que l’UE a actuellement environ 70 accords commerciaux, mais ceux-ci sont souvent difficiles à reproduire et les négociations prennent du temps.

Dans de nombreux cas, les accords entre le Royaume-Uni et des pays tiers, ou les accords de continuité, n’ont pas été signés et il existe une grande incertitude quant au fait que beaucoup d’entre eux seront conclus dans un avenir proche. « Pour éviter des conséquences négatives sur les pays en développement, les droits de douanes sur les nations les plus favorisées (NPF) du Royaume-Uni sur des exportations souvent essentielles pour des pays à faible revenu, tels que la canne à sucre ou la banane, ne doivent pas être réduits de manière substantielle », a souligné Mme Coke-Hamilton.


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Pieuvre.ca

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