U.C.C. Dolores, ou les cowboys de l’espace

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Connu pour son travail d’illustrateur sur la série Lantfeust de Troy (le plus grand succès du heroic fantasy français), Didier Tarquin lance maintenant La Trace des nouveaux pionniers, le premier tome d’une nouvelle trilogie intitulée U.C.C. Dolores.

Laissée sur le parvis de l’Église alors qu’elle était bébé, Mony a été élevée par les nonnes de l’Ordre des nouveaux pionniers. Le jour de son 18e anniversaire, alors qu’elle s’apprête à quitter le couvent où elle a passé toute son existence, les sœurs lui remettent les objets qui se trouvaient dans son berceau lorsqu’elles l’ont recueillie, parmi lesquels une clé de consigne pour un ancien croiseur de guerre ayant appartenu à l’infâme général Mc Monroe, le U.C.C. Dolores. Après avoir recruté Kash, un pilote rencontré par hasard à Qarma City, la jeune missionnaire s’envole vers les confins de la galaxie avec l’intention de transmettre les enseignements de sa religion, mais à cause des rumeurs voulant que Mc Monroe ait caché un mythique trésor à bord du vaisseau, Mony et son équipage deviendront la proie de tous les criminels et des Confédérés mal intentionnés qu’ils croiseront sur leur route.

La couverture de l’album

Les débuts de l’exploration spatiale risquent fort de ressembler à un nouveau Far-Ouest, avec des régions reculées où les despérados pourront sévir en toute impunité loin du bras de la loi, et Didier Tarquin délaisse sa fantasy habituelle pour créer un heureux mélange de western et de science-fiction avec U.C.C. Dolores. Si son duo dépareillé, composé d’une nonne pulpeuse et d’un dur à cuire alcoolique, évoque directement celui formé par Shirley MacLaine et Clint Eastwood dans le film Two Mules for Sister Sara, Tarquin montre quand même ses talents de scénariste, en faisant évoluer ses héros dans un univers fort intéressant, relevant autant du space opera que des cowboys. Grâce à une intrigue dénuée de temps mort, ce premier tome place les enjeux d’une quête d’identité qui s’annonce épique en seulement 48 pages, et met l’eau à la bouche pour la suite des choses.

Une page de l’album

Quiconque est familier avec la série Lantfeust de Troy reconnaîtra immédiatement le coup de crayon de Didier Tarquin, et La Trace des nouveaux pionniers pourrait bien être sa bande dessinée la plus aboutie à ce jour. L’album débute sur de la fantasy médiévale classique (nonnes, châteaux gothiques, etc.), mais dès que l’héroïne referme les portes du couvent derrière elle, on se retrouve en présence de cités futuristes à la Blade Runner, avec leurs publicités géantes en néon et leurs voitures volantes. L’artiste consacre parfois une page entière à un seul paysage, comme l’orbite de la planète Néo-Gaya et sa ceinture de déchets, et s’amuse en présentant une faune extraterrestre bigarrée, allant de l’homme-loup au lézard humanoïde, en passant par des androïdes. La coloration vibrante de Lyse Tarquin complémente à la perfection les illustrations de son mari.

Exécutée par un Didier Tarquin au sommet de son art, La Trace des nouveaux pionniers constitue une très belle entrée en matière, et après avoir lu ce premier tome à mi-chemin entre le western et le space opera, vous aurez définitivement envie de connaître la suite des aventures intergalactiques du U.C.C. Dolores.

U.C.C. Dolores, Tome 1 – La Trace des nouveaux pionniers, de Didier et Lyse Tarquin. Publié aux Éditions Glénat, 48 pages.


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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