Woman at War – De la chorale à l’arc à flèches

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Une directrice de chorale quinquagénaire qui pratique le Tai-chi, exaspérée par les changements climatiques, décide de passer à l’action. Le Cinéma du Parc présentera la comédie Woman at War (2018), du cinéaste islandais Benedikt Erlingsson, à partir du 29 mars.

Sur l’île polaire islandaise, une femme d’un certain âge entrainée comme James Bond s’évade en douce de la capitale Reykjavik pour se rendre dans les highlands situés au cœur du pays. Sa cible, la ligne à haute tension qui alimente en électricité l’industrie locale d’aluminium. N’ayant qu’un arc à flèche, des accessoires de plein air, des outils, un chandail et un passe-montagne tricoté maison, ses actes de sabotage laisse croire à toute une escouade. Pour prêter main-forte au gouvernement, des militaires américains débarquent!

La femme des montagnes n’est pas tout à fait seule; un ministre environnementaliste et un fermier qui connaît bien sa terre lui donnent un coup de main. Il y a même un touriste avec un t-shirt de Che Guevara qui lui sert de bouclier en quelque sorte. Cependant, son plus grand allié demeure le sol islandais dans toutes ses merveilles. À l’instar du film Noi l’albinos (2003) du cinéaste islandais Dagur Kári, la quête de l’héroïne est en symbiose avec son environnement comme si l’Islande et les Islandais étaient inséparables.

Halla n’a rien de ces héroïnes canon tirées de la bande dessinée, telle Tank Girl (1995) de Rachel Talalay, ni de celles extirpées des jeux vidéos, à l’image de Lara Croft: Tomb Raider (2001). Inspirée par Gandhi et Nelson Mandela, cette femme assume son célibat et agit davantage par principe que pour combattre un ennemi désigné. Soudain, elle reçoit l’acceptation de sa demande d’adoption et apprend qu’une fillette l’attend en Ukraine. Notre héroïne se trouve coincée dans l’étau entre cette force militaire qui la pourchasse et l’occasion de devenir mère.

Que ce soit par les paysages en toile de fond ou par les éléments qui composent la scénographie, l’esthétique est magnifique. Une fanfare suit l’héroïne, mais à la différence de celle des films d’Emir Kusturica servant à amplifier les émotions ressenties, celle-ci installe une ambiance en prenant place dans le champ de la caméra.

Avec un langage visuel qui compense l’emploi de peu de mots bien choisis, ce film fait rire sans tourner au ridicule. N’empêche que la scène où Halla abat un drone à mains nues est d’une violence inouïe. Un combat d’humain à humain, on a vu ça mille fois, alors qu’un drone, ça ne mérite pas un tel châtiment. Snif.

À l’affiche le 29 mars.


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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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