Accès libre aux recherches: les lenteurs et le boycott

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L’initiative internationale pour rendre tous les articles scientifiques gratuits, immédiatement après leur publication, progresse à petits pas: la majorité des revues ne sont pas prêtes à répondre aux nouvelles exigences, tandis qu’en parallèle, les bibliothèques d’une des plus grosses institutions américaines, l’Université de Californie, ont annoncé le 28 février qu’elles annulaient leurs abonnements aux centaines de revues du géant de l’édition, Elsevier.

L’initiative en question est appelée le Plan S: en septembre dernier, 11 organismes subventionnaires majeurs d’autant de pays européens, dont la France, ont annoncé conjointement que toutes les recherches financées par les fonds publics de leurs pays devront être, d’ici 2020, publiées en  accès libre », plutôt que réservées aux seuls abonnés d’une revue. Si ce n’est pas la première fois que des organismes subventionnaires font un pas dans cette direction, c’est la première fois qu’on assiste à une volonté commune d’un aussi grand nombre de pays.

Or, un rapport d’étape publié le 1er mars par l’organisme Clarivate Analytics — connu pour son analyse du facteur d’impact des revues — souligne à grands traits qu’il y a encore du chemin à faire:

  • Sur 3700 revues qui, en 2017, avaient publié au moins six articles dont au moins une des sources de financement était un des 11 organismes subventionnaires associés au Plan S, 3200 n’ont pas de politique d’accès libre.
  • En 2017, on comptait quelque 40 000 articles impliquant une collaboration entre des chercheurs d’au moins un de ces 11 pays et des chercheurs d’ailleurs dans le monde. Dans le cas de certaines universités américaines, dont le MIT, cela représente 15% des articles publiés.

D’un autre côté, la rupture entre l’Université de Californie (UC) et Elsevier survient après huit mois de négociations houleuses pendant lesquelles l’université avait tenté, en vain, de convaincre le puissant éditeur de faire en sorte que des articles écrits en partie par des auteurs de l’UC puissent être accessibles gratuitement. Ces négociations ont fait l’objet d’une attention internationale, de nombreuses bibliothèques et universités cherchant elles aussi à se libérer du carcan onéreux imposé par les éditeurs. L’université de Californie n’est pas la première à annoncer un boycott d’Elsevier mais, avec ses 10 campus, ses 100 bibliothèques et une présence dans près de 10% des publications américaines, elle est de loin la plus influente. Ce qu’elle verse à Elsevier s’élèverait annuellement à 10 millions de dollars, selon un reportage du Los Angeles Times.


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