Un corps humain connecté… et à risque d’être piraté

0

Une personne mal intentionnée pourrait pirater votre stimulateur cardiaque ou votre pompe à insuline et potentiellement vous tuer, uniquement en interceptant et en analysant des signaux sans fil. Cela ne s’est pas encore produit, mais cela fait au moins une décennie que des chercheurs prouvent que cela est possible.

Avant que le premier crime du genre ne se produise, des ingénieurs de l’Université Purdue ont resserré les normes de sécurité pour « l’internet du corps ». Désormais, le réseau que vous ne saviez pas que vous possédiez n’est accessible que de vous-même et par vos appareils, à l’aide de technologies qui confinent les signaux de communication au corps lui-même.

Ces travaux sont publiés dans Scientific Reports. Parmi les auteurs, on compte Shreyas Sen, professeur adjoint en génie électrique et informatique à Purdue, et ses étudiants.

« Nous connectons de plus en plus d’appareils au réseau du corps humain, des montres connectées et des gadgets pour l’entraînement aux lunettes de réalité virtuelle », mentionne M. Sen, qui se spécialise en systèmes de détection et de communication.

« Le défi a non seulement été de maintenir ces communications à l’intérieur du corps pour que personne ne puisse l’intercepter, mais aussi d’obtenir une bande passante plus importante et de réduire la consommation d’énergie », a-t-il ajouté.

Les fluides corporels transmettent très bien les signaux électriques. Jusqu’à présent, les « réseaux corporels » ont utilisé la technologie Bluetooth pour envoyer des signaux sur le corps ou autour de celui-ci. Ces vagues électromagnétiques peuvent être captées dans un rayon d’au moins 10 mètres d’une personne.

L’équipe de recherche a offert une démonstration d’une technique permettant à cette communication corporelle de se produire de façon plus sécuritaire, soit en émettant des ondes qui ne dépassent pas le corps de plus d’un centimètres, tout en utilisant 100 fois moins d’énergie que les communications Bluetooth traditionnelles.

Cette méthode est possible à l’aide d’un appareil qui émet des signaux dans un spectre électromagnétique beaucoup plus bas que les signaux habituels. Le groupe de travail de M. Sen collabore avec le gouvernement américain et le secteur privé pour incorporer l’appareil en question dans un circuit intégré de la taille d’un grain de poussière.

À l’aide d’une montre encore à l’état de prototype, une personne peut recevoir un signal de n’importe où sur le corps, des oreilles jusqu’aux orteils. L’épaisseur de la peau ou des cheveux n’a d’ailleurs pas beaucoup d’importance sur la capacité de transmission, ajoute M. Sen.

Pour les chercheurs, l’idée consiste à créer une opportunité de reprogrammer les appareils médicaux sans chirurgie invasive. Cette technologie pourrait également accélérer l’apparition de la médecine bioélectronique en circuit fermé, dans le cadre de laquelle des appareils médicaux portatifs ou qui sont implantés fonctionnent de la même façon que des médicaments, mais sans les effets secondaires.


Autres contenus:

Bloquer les cyberattaques en donnant de « faux espoirs »

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Répondre