Faut-il des règles internationales sur les modifications de notre génome?

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Les modifications génétiques de l’embryon sont peut-être à nos portes, mais comment les encadrer? C’est pour apporter un éclairage que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rassemblera les 18 et 19 mars un panel de 18 experts à Genève, en Suisse —chercheurs, avocats et éthiciens. Bien qu’il y ait une urgence à uniformiser ces pratiques à l’échelle internationale, certains chercheurs craignent que cela ne mette un frein à leur recherche.

La naissance des jumelles chinoises, Lulu et Nana, supposément issues d’un embryon humain génétiquement modifié, secoue la communauté scientifique internationale depuis trois mois. Le responsable de la polémique, He Jiankui, prétend avoir désactivé le gène CCR5 par une mutation censée immuniser les jumelles contre le sida. Mais une telle modification pose d’innombrables questions éthiques et légales. À ce jour, l’édition du génome humain — qu’elle concerne ou non des cellules germinales, celles qui peuvent être transmises à la génération suivante — est interdite dans plusieurs pays comme le Canada (avec certaines réserves), le Brésil, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Belgique et l’Australie. Ailleurs en revanche, la porte reste ouverte à plusieurs interprétations. Un resserrement des mesures règlementaires et législatives est donc attendu.

Ce 26 février, le gouvernement chinois a déposé un rapport préliminaire sur le site de sa commission de santé, qui sera ouvert aux suggestions du public jusqu’au 27 mars. On y trouve de nouvelles règlementations qui s’ajouteraient à celles de 2003 sur la manipulation génétique lors de la fécondation in vitro. Les nouvelles règles raffermiraient les sanctions: entre autres, une interdiction à vie de pratiquer des activités de recherche, une révocation des licences commerciales et une poursuite criminelle.

Quant à la rencontre de l’OMS la semaine prochaine, elle se terminera par des recommandations visant à mieux encadrer ces pratiques. La décision de s’y plier appartiendra toutefois à chacun des pays-membres, puisque l’OMS n’a pas autorité sur eux. Par ailleurs, l’OMS soutient que ces discussions sont nécessaires à la promotion d’une transparence scientifique et d’une évaluation appropriée des risques et bénéfices de ces pratiques à des échelles nationale et internationale.


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