Vaccin et autisme: et si c’était le contraire?

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La méga-recherche de la semaine dernière qui a rejeté (encore) toute possibilité d’un lien entre vaccination et autisme aurait pu être utilisée à l’envers, si ses auteurs avaient été d’aussi mauvaise foi que les anti-vaccins: les données de cette nouvelle étude contiennent en effet une faible possibilité que ce soit le fait de ne pas avoir été vacciné, qui augmente les risques d’autisme.

Parmi les 657 461 enfants du Danemark nés entre 1999 et 2010, c’est en effet dans le groupe des non-vaccinés que le taux d’autisme est (très) légèrement plus élevé. Personne ne suggère sérieusement qu’il existe un tel lien: il s’agit d’une de ces anomalies statistiques trop faibles pour être prises en considération. Mais c’est tout de même sur une anomalie statistique trop faible pour être prise en considération que continuent de s’appuyer, depuis 20 ans, les défenseurs d’un lien vaccin-autisme, en citant chaque fois la même étude de 1998 maintes fois discréditée. Deux poids deux mesures?

Plus tôt ce mois-ci, l’UNICEF lançait une alerte à l’effet que les cas de rougeole étaient à la hausse à travers le monde, essentiellement dans des populations (Philippines, Ukraine, Brésil…) où le taux de vaccination rougeole-rubéole-oreillons (RRO) était dangereusement bas. L’Organisation mondiale de la santé a également classé « l’hésitation à vacciner » parmi les 10 menaces de santé publique de 2019.

L’équipe de recherche du Danemark, dont la recherche est parue le 5 mars, était aussi en partie derrière une étude similaire qui, parue en 2002 et portant sur 537 303 enfants nés entre 1991 et 1998 (dont 82% avaient reçu le vaccin RRO), arrivait à la même conclusion.

Dans un éditorial accompagnant cette nouvelle recherche, deux chercheurs se désolent qu’autant de ressources doivent continuer d’être consacrées à combattre des hypothèses aussi peu crédibles. Mais ils admettent que cette recherche, pas plus que les précédentes, ne convaincra pas les anti-vaccins. « Il a été dit que nous vivons maintenant dans un monde « résistant aux faits » où les données ont un pouvoir de persuasion limité. Comment les médecins et les autorités de la santé peuvent-ils donc officiellement déboulonnner le mythe RRO-autisme? »


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