Les petites villes, victimes du réchauffement climatique

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Les impacts des changements climatiques ne sont pas toujours faciles à voir. Mais pour plusieurs petites entreprises installées dans des communautés côtières des États-Unis, les preuves sont tout juste de l’autre côté de leurs portes – ou dans leurs stationnements.

Ces preuves du réchauffement de la planète n’existent pas seulement sous la forme d’inondations plus fréquentes. Selon une nouvelle étude publiée le 15 février dans Science Advances, ces impacts se mesurent également sur le plan financier. L’étudiante de l’Université Standford Miyuki Hino et ses collègues ont découvert qu’au centre-ville d’Annapolis, la capitale du Maryland, on a recensé 3000 visites de moins en 2017 en raison d’inondations à marée haute, ce qui a entraîné des pertes financières variant entre 86 000 et 172 000$.

« Les petites entreprises du centre-ville d’Annapolis ont besoin des touristes. En mesurant l’étendue de l’impact des inondations, nous pouvons évaluer de quelle façon la hausse du niveau des océans affecte le fonctionnement et les profits des entreprises », mentionne Samanthe Belanger, la co-auteure de l’étude.

Inondations plus fréquentes

Les inondations à marée haute surviennent lorsque le niveau de l’océan dépasse le niveau pour lesquelles ont été construites les infrastructures côtières. L’eau s’engouffre, remplissant les rues et les stationnements, et empêchant la circulation normale des piétons et des véhicules.

Autrefois relativement rares, le nombre de ces inondations a augmenté d’environ 60% sur 20 ans, selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). À 27 endroits à travers les États-Unis, le nombre de ces inondations est passé de 2,1 jours par année en moyenne, à la fin des années 1950, à 11,8 jours pendant la période de 2006 à 2010. D’ici 2035, environ 170 communautés côtières devraient subir quelque 26 jours d’inondations de ce genre par année.

« Alors que les températures globales et le niveau des océans augmente, ce type d’inondations devient plus fréquent », mentionne Mme Hino. « Pour les entreprises des régions côtières, cela veut dire plus de journées où les clients pourraient ne pas pouvoir se rendre jusqu’à leurs locaux. Même si ces inondations ne durent que quelques heures, leurs impacts peuvent s’additionner. »

Annapolis, où est située l’Académie navale américaine, est l’une des villes subissant une multiplication des ces brèves inondations. Au début des années 1960, Annapolis subissait environ quatre des ces inondations par année. En 2017, ce nombre est passé à 63.

Rebutés par l’eau

Les chercheurs ont utilisé les données des parcomètres, des photos satellite, des entrevues et d’autres données pour déterminer de quelle façon d’éventuels clients seraient rebutés à l’idée d’aller faire des courses dans une région commerciale populaire pendant une inondation. Ils n’ont constaté aucune preuve que les clients retournaient aux commerces touchés après le retrait des eaux, ou qu’ils se stationnaient à proximité et bravaient les eaux pour se rendre à ces magasins.

« Habituellement, nous pensons aux changements climatiques et à la hausse du niveau des océans comme à des phénomènes de grande ampleur survenant à l’échelle mondiale, mais ce type d’inondations correspond à un impact quotidien lorsque vient le temps de se rendre au restaurant où l’on a réservé une table », a ajouté Mme Hino.

L’étude projette entre autres qu’avec une hausse d’une trentaine de centimètres du niveau des eaux, Annapolis pourrait perdre des centaines de milliers de dollars en revenus et taxes. Le plus récent rapport américain sur l’impact des changements climatiques évoque en fait une hausse du niveau des océans allant de 50 centimètres à plus d’un mètre d’ici 2050, selon des projections du début du siècle.


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