Les Brésiliens s’arment, les Mexicains se désarment

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Afin de réduire le nombre d’armes en circulation dans la capitale du Mexique, Mexico, le programme Sheinbaum offre de l’argent aux citoyens qui rapportent leurs armes aux autorités, rapporte El Pais le 10 février. Alors qu’au Brésil, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro a facilité l’achat d’armes pour les citoyens, rapporte La Vanguardia le 16 janvier.

La capitale Mexico fait face à une vague de violence depuis plusieurs années, qui s’est aggravée par le trafic d’armement. Chaque année, près de 213 000 armes à feu fabriquées aux États-Unis entrent illégalement sur le territoire mexicain, d’après le communiqué Beyond our borders de l’institut de recherche Center for American Progress. Environ 106 000 armes de cette provenance ont été utilisées à des fins criminelles entre 2011 et 2016.

Le programme Sheinbaum a permis de retirer de la circulation plus de 33 000 armes dans la capitale, entre les mois de décembre 2012 et mars 2018, contribuant à la diminution de l’indice de violence élevé. À la suite du versement de 20 millions de pesos par le gouvernement dans le but de retirer environ 5000 armes, les autorités en a échangé plus de 400 en 11 jours. Les incitatifs vont de 120 pesos pour des armes faits à la main jusqu’à 18 000 pesos pour une mitraillette.

Pour la chercheuse et auteure du livre Tráfico de armas en México, Magda Coss, ces sommes importantes d’argent n’ont jamais eu d’impact réel sur la violence. Quelle que soit l’arme retirée de la circulation, c’est une bonne chose, affirme-t-elle, mais ces programmes doivent être accompagnés de campagnes de sensibilisation sur les risques de l’usage de l’armement.

«Un des objectifs doit être la restructuration du tissu social, ce n’est pas clair que c’est ce qu’ils font. Dans cette campagne, l’emphase est mise sur le montant, jusqu’à combien on peut recevoir contre une arme à feu», dénonce-t-elle.

Droit à l’autodéfense

Se référant au référendum de 2005 par lequel les Brésiliens ont voté à 63% contre la prohibition de la vente d’armes à des citoyens, le nouveau président d’extrême droite Jair Bolsonaro élu au mois d’octobre dernier a ajouté le «droit à l’autodéfense» à la législation en vigueur. Ainsi, plus de citoyens peuvent acheter une arme légalement afin de faire face à une violence provoquant 60 000 morts par année.

Promesse électorale, la libération de la vente établit que l’achat d’armes sera seulement permis aux personnes qui démontrent une «nécessité effective» et qui définit «à priori» quelques-uns de ces cas. Comprenant les agents publics de sécurité, de l’administration carcérale et des militaires actifs ou retraités, la modification inclut dorénavant les personnes qui résident dans des zones rurales ou urbaines dont l’indice annuel est supérieur à dix homicides pour 100 000 habitants, soit pratiquement tout le pays.

«Des livres au lieu des armes», affirmait le candidat à la présidence du Brésil, Fernando Haddad, du Parti des travailleurs, avec l’objectif d’annuler cette mesure s’il était élu.


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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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