Rétroctopode – Les aventures numériques de Tron 2.0

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Titre aujourd’hui largement oublié, surtout après la sortie de la « véritable » suite du film TronTron: Legacy, Tron 2.0 demeure pourtant, bientôt 16 ans après sa sortie, un très bon jeu d’action qui a peu ou pas vieilli.

Développé par Monolith Productions et publié par Buena Vista Interactive sur Windows, et par MacPlay pour MacOS, le jeu sorti en 2003 (2004 sur MacOS) s’inscrit en droite ligne du classique de la science-fiction de 1982. Le fils d’Alan Bradley, Jethro, se retrouve dans l’univers virtuel que l’on connaît bien pour y combattre une version incorrectement « numérisée » de J.D. Thorne, le dirigeant de l’entreprise qui a racheté ENCOM, la mégacorporation du premier film, et qui est ici transformé en un virus informatique surpuissant.

Lui-même suspecté d’être un intrus, Jethro est poursuivi par les systèmes de sécurité du serveur de l’entreprise, et devra trouver refuge sur internet pour échapper à ses poursuivants.

Très largement inspiré du film original, y compris avec le concept d’un dirigeant d’entreprise malveillant se retrouvant dans une position de pouvoir au sein d’un système informatique, Tron 2.0 offre quantités d’idées intéressantes qui n’avaient que très rarement été employées auparavant dans un jeu de tir à la première personne. Le personnage de Jethro (ou Jet), contrôlé par le joueur, devra ainsi se munir de permissions pour accomplir certaines actions et accéder à certains objets, présentés ici comme des fichiers. Bien entendu, il s’agit d’une déclinaison de l’idée d’amasser des clés pour ouvrir des portes, comme cela se fait depuis Wolfenstein 3D, par exemple, mais cette thématique liée à l’information est franchement bien exploitée.

Idem pour l’idée des armes et des habiletés du joueur, d’abord bien souvent disponibles en version « alpha », et qui occupe donc un plus grand espace dans la mémoire du personnage principal. Une fois ces compétences améliorées, ces dernières, maintenant en version « beta », ou encore en version « officielle », seront plus puissantes, plus compactes, et moins exigeantes en termes d’énergie. Le joueur possède aussi un « antivirus » et un outil de « défragmentation » pour « réparer » les habiletés dont l’efficacité pourrait être diminuée ou carrément réduite à néant… Bref, les développeurs s’en sont donné à coeur joie avec la thématique informatique.

Ceci étant dit, malgré tous ses bons côtés, y compris ce moment hilarant où, catapulté sur internet, Jet se retrouve aux prises avec du spam et de la publicité invasive, Tron 2.0 demeure captif du film original, sans véritablement tenter d’en transformer le cadre narratif. Le fait qu’il soit nécessaire de s’adonner à plusieurs courses des célèbres motos lumineuses n’aide en rien à se débarrasser de l’idée que les développeurs étaient trop souvent contraints de respecter un ensemble de paramètres stricts. Cela explique peut-être le fait que le jeu n’a jamais eu de suite, ou que Tron: Legacy s’est aventuré dans une tout autre direction.

Quoi qu’il en soit, Tron 2.0 demeure un jeu fort intéressant, surtout pour son aspect visuel qui permet d’assurer que le titre vieillisse bien. Pour les curieux, le titre est offert sur GOG, et vaut certainement les quelques dollars réclamés pour son achat.

Tron 2.0

Développeur: Monolith Productions

Éditeur: Buena Vista Interactive / MacPlay

Plateformes: Windows, MacOS


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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