Battlefleet Gothic: Armada 2 – Combats spatiaux à gogo

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Dans le sombre et terrifiant futur, il n’existe que la guerre: et cette fois, fort heureusement, cette guerre est un excellent prétexte pour se faire mal. Les développeurs de chez Tindalos Interactive sont de retour avec la tant attendue suite à Battlefleet Gothic: Armada, le jeu de stratégie en temps réel mettant en scène de glorieux et superbes combats spatiaux dans l’univers de Warhammer 40K.

La première déclinaison du titre, parue en 2016, avait permis d’ajouter un nouveau genre à la vaste multitude de jeux adaptant l’univers développé par Games Workshop mettant en scène des combats extrêmes à tous points de vue impliquant une humanité ultramilitarisée s’articulant autour d’un « dieu-empereur » et des space marines, des soldats modifiés génétiquement.

Après tout, il y a eu les jeux de rôle, les jeux tactiques au tour par tour, les jeux de tir à la première personne, sans oublier les jeux de stratégie en temps réel (ou au tour par tour) se déroulant sur le plancher des vaches. Tindalos avait réussi à faire lever les yeux vers les cieux, là où la folie guerrière de Warhammer 40K s’est transposée depuis belle lurette, généralement sous la forme d’illustrations, de textes explicatifs ou encore de contenu servant à mettre en contexte un jeu se déroulant dans un endroit restreint.

Avec Battlefleet Gothic: Armada 2, les développeurs offrent donc, de nouveau, la possibilité de contrôler de gigantesques flottes de combat qui s’étriperont joyeusement sur fond étoilé.

Ce qui frappe, d’abord, c’est le soin apporté aux visuels. Le premier titre était déjà joli, mais cette fois, il est carrément superbe. Du zoom avant permettant d’apercevoir les tourelles individuelles des navires de combat ou encore les chasseurs lancés par les vaisseaux de transport, aux gigantesques forteresses volantes blindées dont l’aspect menaçant ne peut s’apprécier qu’à distance, le champ de bataille a des allures d’écran de cinéma. La possibilité de ralentir l’écoulement du temps, habituellement pour maximiser la microgestion des unités, donne aussi l’opportunité de se concocter des feux d’artifice personnalisés.

Parlons-en, d’ailleurs, de la microgestion: l’idée de devoir s’occuper des manoeuvres, des attaques et des habiletés spéciales de nombreux vaisseaux donne d’abord le tournis. Chaque navire de guerre possède habituellement de trois à cinq de ces habiletés, qu’il faudra conjuguer avec les autres vaisseaux de la flotte contrôlée par le joueur pour espérer l’emporter. Heureusement, la prise en main est particulièrement rapide, et il sera aisé d’adopter des réflexes lors des combats: lancer rapidement des torpilles, surveiller le niveau de bouclier de l’ennemi pour s’assurer d’y téléporter des combattants une fois que les défenses seront en rade, et s’assurer de bien coordonner les mouvements pour lancer un vaisseau impérial à toute vitesse pour le faire percuter un engin ennemi dans un grand concours de bruit de tôle froissée.

Rien de plus jouissif, d’ailleurs, que de foncer dans le tas, après avoir surmonté la crainte d’envoyer inutilement ses vaisseaux à la casse. Gare à ne pas se laisser emporter, toutefois, puisque tous les vaisseaux – et toutes les races – ne sont pas égales devant le Créateur (ou plutôt le Destructeur).

Image tirée du jeu

Melting-pot sanglant

Après n’avoir proposé qu’une poignée de races dans la première déclinaison de la série, Battlfleet Gothic: Armada 2 plonge pratiquement dans les excès en proposant d’abord trois campagnes diamétralement opposées: les humains, impériaux et space marines réunis; les Necrons, ces robots « immortels » venus d’un autre Âge, et enfin les Tyrannids, ces insectes terrifiants lancés dans une croisade visant à dévorer toutes les formes de vie de la galaxie.

Par la suite, les modes escarmouche et multijoueurs donnent l’occasion de se faire la main avec les autres peuples plus « classiques » de l’univers 40K: les orcs, les Eldar, l’empire Tau, les forces du Chaos, etc. À l’image des mondes, des peuples et des récits de 40K, tout est ici démesuré, chaque faction comptant même des sous-groupes aux habiletés différentes. Envie de se faire fracasser un astéroïde blindé orc et des croiseurs effilés Eldar? Tout est permis.

Les néophytes risquent de s’y perdre. Normal, si l’on ne souhaite pas se taper des dizaines d’heures de vidéos explicatives sur internet, ou si l’on n’a pas consacré les dernières années à jouer aux différents jeux explorant cet univers démentiel. Pour les habitués, c’est un peu un rêve de jeunesse qui se réalise. Après tout, s’il existe bel et bien une version plateau de Battlefleet Gothic: Armada, sur laquelle se basent les jeux vidéo, la convivialité du numérique est ici bénéfique. Nul besoin, non plus, de se ruiner en maquettes pour simuler des combats spatiaux.

Image tirée du jeu

Un 4X souffreteux

Le précédent titre proposait une campagne avec une structure de missions similaire à Dawn of War II, par exemple: on y disposait d’une carte d’un système solaire, par exemple, ou d’un secteur de l’espace, mais on devait toujours y choisir entre deux ou trois missions spécifiques, par exemple.

Cette fois, les développeurs ont voulu se tourner davantage vers la structure d’un jeu 4X, et présentent plutôt une carte stellaire où le joueur est passablement plus libre d’évoluer. Point de missions spécifiques, ici, mais plutôt des systèmes solaires à conquérir, face à un ennemi qui défendra âprement ses positions. Il est aussi permis d’y renforcer ses flottes, de développer plus avant les avant-postes et autres planètes à tomber sous notre joug, ce genre de choses.

Si l’idée a du bon, l’exécution, elle, laisse à désirer. Bien entendu, aucun jeu n’est parfait. On pourrait espérer de tout notre coeur un croisement plus qu’improbable entre Stellaris et Warhammer 40K, par exemple, où les combats spatiaux seraient aussi détaillés que ceux d’Armada, les combats au sol disposeraient de la même profondeur que ceux de Dawn of War, et où il serait aussi possible de gérer en profondeur ses planètes, ses flottes, sa diplomatie et sa recherche scientifique, à l’image, donc, de StellarisMaste of Orion et tous les autres. Le résultat pourrait être tout aussi grandiose que médiocre. Le tout serait certainement massif et particulièrement complexe. Gageons que Games Workshop aimerait éviter de s’y brûler les ailes.

Ici, donc, le côté 4X est fortement inégal: l’interface en mode « gestion » est passable, au mieux, et s’il est relativement aisé de s’y retrouver, on n’a jamais vraiment l’impression que cet aspect du jeu s’est retrouvé au coeur des préoccupations des développeurs. Pourquoi, alors, ne pas avoir conservé l’ancienne structure narrative? De fait, le jeu trouve probablement la majeure partie de son intérêt dans les combats eux-mêmes, plutôt que dans tous les autres aspects périphériques.

Malgré ce défaut, Battlefleet Gothic: Armada 2 est un jeu fantastique qui en donne largement pour leur argent aux amateurs du genre. Gageons, par ailleurs, que ce sont les combats en ligne ou les campagnes menées en mode coopératif qui retiendront davantage l’attention.

À essayer sans attendre, donc. Pour l’empereur, bien entendu!

Battlefleet Gothic: Armada 2

Développeur: Tindalos Interactive

Éditeur: Focus Home Interactive

Plateforme: Windows

Jeu disponible en français


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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