L’inquiétant déclin des monarques

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La population de papillons monarques en Californie était, en novembre 2018, de 86% inférieure au mois de novembre de l’année précédente.

Les résultats sont encore préliminaires: la compilation de données devrait être terminée à la fin de ce mois-ci. Ces chiffres proviennent d’une initiative citoyenne, le Western Monarch Count: chaque année en novembre, des milliers de bénévoles « recensent » les monarques dans leur cour, leur parc ou leur bois. Cela représentait un total de près de 150 000 papillons l’an dernier, contre à peine plus de 20 000 cette année. Ce papillon dit « de l’ouest » fait sa pause hivernale, entre autres sur la côte californienne, approximativement d’octobre à mars, avant de reprendre sa route vers le Mexique.

Les experts s’attendaient à ce que ce soit une mauvaise année, écrivait en novembre la biologiste Stephanie McKnight: aux quatre coins de l’Amérique du Nord, les rapports font état de papillons arrivés plus tard que prévu, et en moins grand nombre. Depuis les années 1980, leurs habitats rétrécissent, au point qu’un peu partout sur le continent, et jusqu’à l’Insectarium de Montréal, des programmes incitent désormais les populations locales à planter des asclépiades — la seule plante sur laquelle ces papillons vont pondre leurs œufs.

En attendant, on ignore si le déclin californien s’appliquera aussi aux papillons dit « de l’est », mais on avait déjà des indications, l’an dernier à pareille date, que les papillons arrivés au Mexique étaient, eux, moins nombreux: le Fonds mondial pour la nature parlait alors d’un recul de 15% de la superficie de zones forestières occupées par les monarques dans le centre du pays, ou 16 millions de papillons de moins. Lorsqu’ils sortent de leur hibernation mexicaine en mars, les monarques reprennent la route vers le nord, pour une migration de 5000 kilomètres.


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Agence Science-Presse

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