Les fils de la poussière, un vrai roman noir

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Si on ne lit pas la quatrième de couverture du roman Les fils de la poussière, d’Arnaldur Indridason, il est difficile de deviner qu’il s’agit en fait du tout premier roman de l’auteur, paru en 1997.

L’oeuvre vient tout juste d’être traduite en français aux éditions Métailié et il est tout à fait raisonnable de s’exprimer en disant: enfin! Même si Indridason n’est pas le premier écrivain à réussir sa rentrée dans le monde littéraire à sa première parution, il est toujours un peu étonnant de découvrir, si on peut dire ça vingt ans plus tard, que le talent d’un auteur semble déjà mature dès son premier essai.

Dans cet opus, c’est la mort d’un enseignant à la retraite, dans l’incendie de sa maison, qui déclenche une enquête aux ramifications parfois surprenantes, mais toujours bien ficelées. Cette intrigue est toutefois peut-être un simple prétexte pour aborder et pour traiter de façon très humaine de grands enjeux sociaux comme la maltraitance des enfants, la mise à l’écart systémique des défavorisés dans le milieu de l’éducation, la solitude des aînés et les abus commis par les grandes entreprises pharmaceutiques.

Vaste programme, me direz-vous, mais là repose justement une bonne part du talent d’Arnaldur Indridason. On n’a qu’à se rappeler la Trilogie des ombres et sa description de la « situation » vécue par certaines Islandaises lors de la présence des soldats britanniques, puis américains, lors de la Seconde Guerre mondiale. L’aspect social et historique est toujours décrit avec humanité et avec une grande sensibilité historique.

Dans Les fils de la poussière, c’est au règne du tabou, à la loi du silence que se heurteront Erlendur, l’inspecteur bourru mais rigoureux, et Palmi, le frère de Daniel qui, à force souffrances résultant de mauvais traitement, finit par s’enlever la vie. À force de fouiller chacun des indices ténus, il en arriveront à dénouer l’écheveau et la conclusion de cette histoire en surprendra plus d’un.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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