Les drones livreurs d’Amazon se font toujours attendre

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Jeff Bezos a joué d’audace, il y a cinq ans, en prédisant que des drones transporteraient prochainement des colis destinés aux clients du géant de la vente en ligne Amazon.

Ces clients attendent toujours. Et impossible de savoir quand cette avancée technologique se produira. Si elle se produit un jour.

M. Bezos a engrangé des milliards en transformant le secteur de la vente au détail. Mais surmonter les obstacles réglementaires et les problèmes de sécurité des drones semblent être un défi complexe pour l’homme le plus riche du monde. Le résultat est un dépassement de son engagement, pris sur les ondes de CBS en 2013, voulant que des drones commencent à effectuer des livraisons d’ici cinq ans.

Si le transport de médicaments par drone, à l’intention de gens en régions éloignées, pourrait bientôt devenir réalité, l’enthousiasme des services de marketing autour de la livraison instantanée de biens semble justement tenir de l’enthousiasme, et de rien d’autre. Les drones ont une faible autonomie, et les questions de vie privée sont complexes, elles aussi.

« Je ne pense pas que vous verrez la livraison de burritos ou de couches dans les banlieues », estime Colin Snow, analyste de l’industrie.

L’utilisation des drones a connu un essor important dans certaines industries, y compris aux États-Unis, mais majoritairement à l’extérieur du secteur du commerce de détail, et les appareils interagissent rarement avec les consommateurs.

Le gouvernement américain estime qu’environ 110 000 drones commerciaux fonctionnent dans l’espace aérien du pays de l’Oncle Sam, et ce nombre devrait bondir à environ 450 000 en 2022. Les appareils sont utilisés dans les zones rurales pour l’exploitation minière et l’agriculture, pour inspecter des lignes électriques et des oléoducs, ainsi que pour le repérage.

Amazon s’engage, mais pas trop

Amazon dit poursuivre ses démarches pour déployer des drones pour des livraisons rapides, mais l’entreprise ne veut pas se donner de date limite en ce sens.

« Nous maintenons notre engagement à effectuer des livraisons par drone en 30 minutes ou moins », affirme la porte-parole Kristen Kish. Le géant de la vente en ligne dit disposer de centres de développement de drones aux États-Unis, en Autriche, en France, en Israël et au Royaume-Uni.

Des compagnies de livraison testent l’utilisation de drones pour livrer des fournitures d’urgence et pour franchir de grandes distances en peu de temps dans des zones moins peuplées. Par comparaison, la livraison de colis aurait surtout lieu près d’immeubles à bureaux et dans des quartiers où les questions de sécurité et de respect de la vie privée sont plus importantes.

En mai, l’administration Trump a approuvé un programme de trois ans pour des tests de drones par des compagnies privées et des agences gouvernementales à des fins de livraison, d’inspections et d’autres tâches.

Mais les programmes pilotes effectués par les compagnies de livraison portent à croire que peu d’Américains recevront prochainement la visite de drones transporteurs de colis. UPS a testé le lancement d’un drone à partir d’un camion le long d’un circuit rural en Floride. DHL Express, la compagnie allemande, a testé des drones pour livrer des médicaments en Tanzanie.

Pour Frank Appel, le PDG de la compagnie mère de DHL, Deutsche Post AG, les drones demeureront un véhicule de niche « pour les prochaines années », et ne seront pas largement employés. Selon lui, l’un des principaux problèmes est l’autonomie des piles des drones.

« Si vous devez les recharger à toutes les deux heures, alors vous aurez besoin d’un grand nombre de drones et vous devez gérer tout cela. Bonne chance! », a-t-il confié à l’Associated Press.

Toujours au dire de M. Appel, les livreurs humains ont un autre grand avantage sur les drones: ils savent où vivent les consommateurs et sur quelle sonnette appuyer. « Programmer cela n’est pas facile, et n’est pas abordable », dit-il.

Aux yeux de plusieurs analystes, il faudra encore plusieurs années pour que la Federal Aviation Administration (FAA) américaine rédige toutes les règles permettant une généralisation des livraisons par drone.

Il existe de nombreuses normes de la FAA qui encadrent les vols de drones. Ceux-ci ne peuvent habituellement pas voler à plus de 150 mètres de haut, au-dessus de nombreuses installations fédérales, ou à cinq kilomètres d’un aéroport. Les vols de nuit sont interdits. Pour les livraisons, les obstacles les plus importants sont le fait que les drones doivent demeurer dans le champ de vision des opérateurs en tout temps.


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Pieuvre.ca

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