Creed 2: revanche avec une dose de narcolepsie

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C’était la suite que l’on n’attendait pas vraiment. Après un premier remake plus inclusif de la série Rocky, voilà donc Creed 2, clone navrant et sans saveur de Rocky IV. À l’exception de quelques plans de caméra intéressants, l’oeuvre est un perte de temps monumentale.

Avec Creed, pourtant, on tenait un début de quelque chose. Fils d’Apollo Creed, l’ancien adversaire de Rocky Balboa dans Rocky I et II, Adonis Johnson, devenu plus tard Adonis Creed, semblait avoir trouvé sa voie. La reprise du flambeau après la mort de son père, une trentaine d’années plus tôt, lui avait donné l’occasion de donner un sens à sa vie et de rencontrer l’amour.

Rapidement couronné champion du monde des poids lourds, Creed demande sa douce en mariage, puis constate que cette dernière est enceinte. De quoi continuer à bâtir sur du solide, bref. Débarque alors Drago, Viktor de son prénom, une montagne de muscles au charisme évoquant une table ou un bac à compost. Fils d’Ivan Drago, l’adversaire soviétique de Rocky dans Rocky IV, il est poussé par son père à prendre sa revanche sur la famille Creed et, par extension, sur Rocky lui-même. Sylvester Stallone et Dolph Lundgren (Drago, il y a 30 ans) sont bien sûr de l’aventure, et on sent bien que les deux personnages plus que vieillissants ont des comptes à régler.

L’affiche du film

Ceux qui ont vu Rocky IV – ou n’importe quel film de la série, voire n’importe quel film de sport, en fait – peuvent prédire la suite. Creed sera battu, puis s’entraînera, et gagnera. Pendant ce temps, sa future conjointe, telle une bonne mère de famille, encouragera son prétendant à taper à bras raccourcis sur une autre personne. Pour l’honneur, peut-être, même si on se demande encore ce que l’honneur vient faire là-dedans. Sommes-nous magiquement retournés à l’époque médiévale? Comment peut-on encore considérer que la boxe, où l’objectif est de faire perdre conscience à son adversaire, est un sport noble? Oh, les acteurs sont plus que musclés, ils semblent particulièrement en forme, mais avec un scénario aussi mince qu’une feuille de papier et des acteurs zéro-dimensionnels, on se dit que jeter l’argent du billet de cinéma directement par la fenêtre est probablement plus agréable qu’endurer Creed 2.

Si vous souhaitez absolument voir un bon film de boxe, réécoutez-donc Rocky IV, justement. Après 30 ans, la phrase « Ce que Drago touche, Drago le détruit » a encore de l’effet. Creed 2, pour sa part, sera rapidement oublié. Et c’est tant mieux.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

2 commentaires

  1. Avatar
    Surveillant voyageur le

    Avez vous déjà fait de la compétition ou ne serait-ce que pratiquée une activité sportive une fois dans votre vie pour prétendre que l’honneur est une notion absente en boxe ? Le dépassement de soi est une valeur qu’on retrouve dans toutes les disciplines. Chercher à mettre un adversaire KO (avec le risque que ça vous arrive soit dit en passant) n’est pas moins noble que courir un 10km, ou mettre un ballon au fond d’un filet.

  2. Pingback: Ralph Breaks the Internet, la fausse bonne idée

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