La Chine dévoile sa station spatiale sur fond de déclin de l’ISS

0

La Chine a dévoilé mardi une réplique de sa première station spatiale habitée en permanence, qui viendrait remplacer le laboratoire spatial de la communauté internationale actuellement en orbite, en plus de symboliser les grandes ambitions du pays au-delà de la planète.

Le module central, long de 17 mètres, fut la principale attraction de l’événement Airshow China, la plus grande exposition de l’industrie aérospatiale nationale, dans la ville côtière de Zhunai (sud).

À l’extérieur des chasseurs J-10 et l’avion furtif J-20 impressionnaient les spectateurs, alors qu’ils circulaient à grande vitesse dans le ciel. À l’intérieur, le pays exhibait sa flotte de drones et d’autre matériel militaire.

Des curieux s’agglutinaient autour du module spatial cylindrique représentant les quartiers d’habitation et de travail du « Palais céleste ». La station possédera deux autres modules dédiés aux expériences scientifiques, qui seront équipés de panneaux solaires.

Trois astronautes vivront de façon permanente dans le laboratoire orbital de 60 tonnes, qui permettra à l’équipage de mener des recherches liées aux sciences biologiques et en matière de microgravité.

La construction doit prendre fin aux alentours de 2022, et la station aurait une durée de vie prévue de 10 ans.

Départ à la retraite

La Station spatiale internationale, une collaboration entre les États-Unis, la Russie, le Canada, l’Europe et le Japon, est en activité depuis 1998, mais doit « partir à la retraite » en 2024.

La Chine possédera alors la seule station en orbite, bien qu’elle sera particulièrement plus petite que l’ISS, qui pèse 400 tonnes et est aussi grande qu’un terrain de football.

Pékin a annoncé en mai que son laboratoire serait ouvert à « tous les pays » pour y mener des expériences.

« Il ne fait aucun doute que la Chine utilisera sa station de la même façon que les partenaires de l’ISS: pour la recherche, réaliser des avancements technologiques et comme étape en vue de la suite des missions d’exploration spatiale », affirme Chen Lan, analyste chez GoTaijonauts.com, un site internet spécialisé sur la question du programme spatial chinois.

Les instituts de recherche, les universités et les entreprises publiques et privées ont été invités à proposer des projets. Quelques 40 plans provenant de 27 pays et régions ont été reçus, selon des médias d’État chinois.

L’Agence spatiale européenne a dépêché des astronautes en Chine pour s’y entraîner afin d’être prêts à travailler à bord de la station chinoise après sa mise en orbite.

« Je suis sûr qu’avec le temps, la Chine réussira à développer des partenariats couronnés de succès », a indiqué Bill Ostrove, analyste spatial au sein du groupe américain Forecast International.

« Plusieurs pays, et de plus en plus de compagnies privées et d’universités, disposent de programmes spatiaux, mais ne peuvent se permettre de construire leur propre station spatiale », dit-il.

« La capacité d’envoyer des cargaisons et des expériences scientifiques à bord d’une plateforme adaptée au vol spatial habité est particulièrement importante. »

Pékin verse ainsi des milliards de dollars dans son programme spatial contrôlé par l’armée, avec des plans pour l’envoi d’hommes sur la Lune dans un avenir proche.

Évoquant la Chine, le président américain Donald Trump a dévoilé des plans en vue de la création d’une nouvelle « Force de l’espace », pour s’assurer que les États-Unis dominent leurs rivaux dans l’espace.

Marché spatial

Le programme spatial chinois s’est toutefois heurté à plusieurs problèmes.

Un laboratoire spatial nommé Tiangong-1 s’est désintégré alors qu’il est revenu dans l’atmosphère terrestre au début d’avril, deux ans après avoir cessé de fonctionner.

Les autorités chinoises ont nié que le laboratoire – placé en orbite en septembre 2011 pour servir de lieu de tests en vue du lancement de la station permanente – échappait à son contrôle.

Un deuxième laboratoire, Tiangong-2, a été mis en orbite en 2016.

« Malgré de nombreuses informations contraires, les États-Unis demeurent la grande puissance spatiale, pour l’instant », souligne M. Ostrove.

« Le scénario le plus plausible en est un où la Chine deviendra l’une des grandes puissances spatiales », poursuit-il.

Mais la Russie, l’Agence spatiale européenne, le Japon et l’Inde continueront de jouer un « rôle important » dans l’exploration spatiale, tandis que les firmes privées occupent un espace toujours plus important dans le secteur, mentionne-t-il encore.

« Le marché spatial se diversifie », ajoute-t-il, « alors il sera difficile pour qu’un ou deux pays, ou une ou deux compagnies dominent le secteur de la même façon que les États-Unis et l’Union soviétique ont réussi à le faire durant la Guerre froide. »


Autres contenus:

Exoplanètes: la mort de Kepler annonce une nouvelle étape

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Répondre