7e édition de l’atypique festival Phénoména

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Cette année encore, le festival Phénomena a pris ses quartiers dans divers lieux artistiques de Montréal, avec une programmation aussi éclectique qu’à l’habitude.

Phénomena, festival multidisciplinaire créé par le collectif Les filles électriques, programme des oeuvres performatives en tous genres avec le désir de faire exploser les frontières disciplinaires traditionnelles.

La chère D. Kimm, directrice du festival, parle plutôt de théâtre d’images, comme des collages, un patchwork d’explorations qui permettent de stimuler l’imaginaire et faire surgir le questionnement dans le domaine parfois un peu formaté des arts vivants. Difficile d’énumérer et de décrire l’intégralité de la programmation; aller à Phénomena, c’est faire preuve de curiosité, ne pas trop savoir à quoi s’attendre, avoir envie d’être surpris.e par les formes autant que par les contenus. Parfois ça marche, parfois on reste un peu de marbre.

Le point de fuite de l’évidence, première présentation laboratoire de la dernière création du très prolifique Jean-François Boisvenue et de sa compagnie La Nuit/Le Bruit, parle de fantômes. Il a imaginé un dispositif immersif où les spectateurs sont placés entre trois écrans de projection. Plus que sur la vidéo, l’accent est mis sur l’ambiance sonore. Vous y croyez, vous, aux esprits? Vous arrive-t-il d’avoir des visions? Quel sens leur donnez-vous? Que croyez-vous qu’il y ait après la mort? Comment composer avec soi-même quand on a parfois l’impression d’être plusieurs personnes en même temps? Évidemment, nous avons eu plus de questions que de réponses, dans la toujours aussi belle Sala Rosa, qui porte à merveille les performances de Phénomena, comme si la salle avait été imaginée pour elles.

L’événement incontournable du festival se passe le samedi au Rialto. Depuis le début d’après-midi jusqu’en milieu de soirée, le splendide ancien théâtre est habité dans chacun de ses recoins par des performances et expositions. Rien que pour la visite du lieu, ça vaut le coup.

Il faut y passer un moment, déambuler, s’assoir, attendre, passer d’une représentation à l’autre, tranquillement dans la pénombre. Danse, poésie, théâtre visuel, manipulation et marionnettes il y a de quoi s’en mettre sous la dent. C’est inégal, ça dépend des sensibilités de chacun, mais chaque fois, nous tombons sur quelques perles. Une performance expérimentale de 4h15 sur le archétypes masculins et féminins et la neutralité du genre se joue pendant que nous explorons le reste des lieux… C’est toujours une petite aventure ici.

Bref, Phénomena reste un rendez-vous annuel d’octobre à garder en tête et à inscrire au calendrier.

Du 12 au 20 octobre 2018


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À propos du journaliste

Mathilde Perallat

Mathilde Perallat vient de France, et plus particulièrement de Provence. Avant de s’installer à Montréal, elle a passé plusieurs années dans la capitale culturelle française où elle s’est nourrie de théâtre, de danse et de cirque en forte quantité – autant que de qualité. C’est aussi par sa propre pratique des arts du cirque, en tant que danseuse aérienne, qu’elle est tombée amoureuse des arts de la scène. Formée en sociologie et en gestion, et doctorante à Concordia dans une recherche sur le rôle social que peut porter le cirque, Mathilde s’inspire et nourrit son âme et son esprit de spectacles en tous genres tout en continuant à se forger un esprit critique, cette critique qui fait si bien la réputation de son pays, pour le meilleur et pour le pire. Elle sait néanmoins mettre de l’eau dans son vin (selon les circonstances) et tente de donner des avis qui mesurent regard personnel et mise en perspective, toujours dans une grande ouverture.

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