Les RIDM chassent les dragons pour leur 21e édition

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Ironisant au sujet de l’émission télévisée Dans l’œil du dragon, l’équipe des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) a présenté le 17 octobre la programmation de leur édition 2018, qui se déroulera du 8 au 18 novembre, en ciblant la tournure managériale du politique d’ici et d’ailleurs.

Second rendez-vous cinématographique d’envergure de l’automne, la fiction du Festival du nouveau cinéma faisant place au documentaire projette autant de films captivants. Le film d’ouverture, What Walaa Wants de Christy Garland suit une jeune Palestinienne au fort tempérament en formation pour devenir policière, alors que le film de clôture, John McEnroe : l’empire de la perfection de Julien Faraut, tente de révéler l’essence d’un sportif allergique aux caméras.

À la suite de la montée de l’extrême-droite des dernières années, voir The Waldheim Waltz de Ruth Beckerman, soldée par l’élection d’un gestionnaire-spectacle aux États-Unis et d’un autre premier de classe en France, une série d’impasses est survenue depuis la dernière édition. Entre l’Islande laissée sans gouvernement et le casse-tête d’alliances qui reprend de plus belle du côté de la Suède, l’Italie a élu un cybermouvement et le Québec a mis un terme à une opposition idéologique d’une cinquantaine d’années.

Pour repenser la démocratie, les RIDM offrent une panoplie de documentaires qui portent sur son berceau hellénique: What is Democracy? de Astra Taylor, Antigona de Pedro Gonzales Rubio, L’Apollon de Gaza de Nicolas Wadimoff; sans oublier la lutte pour l’indépendance en Catalogne avec un second film d’Alexandre Chartrand s’intitulant Avec un sourire, la révolution.

Il s’agit de l’occasion d’explorer des régions peu abordées par la presse, tel le Rio de la Plata. À la fin du règne d’une dictature militaire violente en Uruguay, un référendum appelle les citoyens à se prononcer sur une loi d’amnistie pour les crimes commis par les autorités, relate Unas Preguntas de Kristina Konrad. La figure de l’icône engagée de l’avant-garde argentine Oscar Mascotta reconnue pour ses événements et son intérêt pour la pensée lacanienne se trouve au centre de Segunda Vez de Dora Garcia.

Le subconscient québécois ne sera pas mis de côté. Avec Des histoires inventées de Jean-Marc E. Roy, le cinéaste qui plonge en apnée dans notre imaginaire collectif, André Forcier explique comment il tourne des films imprévisibles. Snowbirds de Mika Goodfriend, faisant écho à L’amour à la plage de Judith Plamondon et Lessandro Socrates, scrute le paradis artificiel de la colonie dans le Sud.

L’environnement est de la partie, dont le désert présenté sous deux angles opposés. Avec Altiplano, la cinéaste expérimentale Malena Szlam propose une escale dans les paysages à couper le souffle au nord du Chili et de l’Argentine. Alors que Salarium de Sasha Litvintseva et Daniel Mann rend compte d’un désastre sur les côtes de la mer Morte.

Les clients floués par l’agence de voyages Sinorama auront de multiples films sur la Chine à visionner, en attendant leur chèque de remboursement. Pourquoi ne pas assister à la projection de A Little Wisdom de Yuqi Kang sur les apprentis moines bouddhistes du Népal?

La 21e édition des RIDM se déroulera du 8 au 18 novembre à la Cinémathèque québécoise et autre salle de la métropole.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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