FNC 2018 – Thunder Road, se débattre avec son trauma

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Choqué par le décès de sa mère, un policier monoparental tente de mener une vie normale dans la tragi-comédie Thunder Road (2018) réalisée par Jim Cummings, projetée dans le cadre du Festival du nouveau cinéma.

Un psychologue émettrait probablement un diagnostic de l’état mental de ce policier troublé en voyant le plan séquence de l’introduction. À l’église, lors de la cérémonie funèbre, l’homme en uniforme fait un discours pour rendre hommage à sa défunte mère. Son propos est décousu, il s’arrête sur des détails sans importance, demande à l’assistance s’il est correct, l’expression de ses émotions passe d’une extrême à l’autre et conclue le tout avec une chorégraphie sans musique. Malgré sa dyslexie avouée, s’agit-il d’un autiste léger ou d’un Américain moyen troublé par son divorce et ce décès qui peine à reprendre le dessus sur sa vie?

Tout le film tourne autour de ce personnage déséquilibré, réalisé et joué par Jim Cummings. Si quelques répliques laissent croire qu’il a reçu de l’aide pour traverser ces épreuves, la question du diagnostic ne se pose pas vraiment, puisqu’il doit garder son emploi et prendre soin de sa fille. En fait, il renvoie l’impression de quelqu’un de déphasé qui ne sait plus balancer sa charge émotive et ses inhibitions, dangereux pour un policier en fonction détenteur d’une arme à feu. Ce manque de contrôle donne lieu à des scènes assez drôles puisqu’il agit de façon trop intense. Par moment, il se ravise, comme un enfant qui ne veut pas se faire chicaner.

La caméra cadre à merveille ce personnage omniprésent qui sombre dans la démesure sociale, malgré son acharnement à vouloir trop bien faire. À la différence de cette manne de films américains qui dirigent notre regard, le réalisateur opte pour la subtilité par des cadrages qui fait apparaître des détails intensifiant la dimension dramatique ou comique de certaines scènes.

Ce film semble en réaction aux superproductions, puisque le type de réalisme instauré par ces productions à gros budgets est relayé aux oubliettes. Le héros, sans être un antihéros, tente de retrouver une régularité dans une période trouble de son existence. Il doit redoubler d’efforts, faire des pas plus grands, mais rester attentif à ce qui se passe autour de lui… pour ne rien écraser.

Jim Cummings porte un nouveau type de policier à l’écran.

Impressionnant.


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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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