La Chine « légalise » les camps d’internement pour la minorié ouïghoure

1

The Guardian

La région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, a rétroactivement légitimé l’utilisation de camps d’internement où sont détenus jusqu’à un million de musulmans.

Dans la foulée de nombreuses critiques internationales, les autorités chinoises ont révisé la loi permettant au gouvernement régional de permettre officiellement l’utilisation de « centres d’éducation et de formation » pour incarcérer « les gens influencés par l’extrémisme ».

Les autorités chinoises nient que ces camps existent, mais affirment que les criminels de bas-étage sont envoyés dans des « centres de formation ». D’anciens détenus disent avoir été forcés de dénoncer l’islam et jurer fidélité au Parti communiste dans ce qu’ils décrivent comme des camps d’endoctrinement politique.

« Il s’agit d’une justification rétroactive pour l’emprisonnement généralisé des Ouïghours, des Kazakhs et d’autres minorités musulmanes du Xinjiang », soutient James Leibold, un spécialiste des politiques concernant les politiques ethniques de la Chine à l’Université La Trobe, à Melbourne, en Australie. « C’est une nouvelle forme de rééducation sans précédent, et cela ne s’appuie pas vraiment sur des bases légales, et je les vois se dépêcher de créer une justification juridique pour cette politique. »

Les révisions, publiés mardi, indiquent que les agences gouvernementales chinoises, à l’échelle des comtés, et au-delà dans la hiérarchie politique, « peuvent mettre sur pied des centres d’éducation et de formation, des organisations de transformation éducative, et des départements de gestion pour transformer les gens influencés par l’extrémisme via l’éducation ».

Apprentissage forcé?

Une nouvelle clause demande aux centres d’enseigner le mandarin et d’offrir de la formation, ainsi qu’une « éducation idéologique, de la réhabilitation psychologique et des méthodes de correction du comportement ». Parmi les autres nouvelles clauses, on trouve une interdiction de « refuser des biens comme la radio et la télévision ». Les médias d’État chinois présente souvent des émissions saluant le développement dans le Xinjiang et faisant la promotion de la vision de stabilité du gouvernement.

Il est également interdit de « saper la mise en place » des politiques de planification familiale du gouvernement de Pékin, qui restreint la taille des familles. L’an dernier, les autorités ont mis fin à une exception qui permettait aux Ouïghours et à d’autres minorités ethniques de faire davantage d’enfants que les Chinois de l’ethnie Han.

La loi originelle, annoncée en 2o17, interdisait le port du voile, « les discours et comportements extrêmes » et le refus d’écouter la radio et la télévision publiques.

Voilà des décennies que Pékin tente de contrôler, voire éradiquer les velléités indépendantistes dans le Xinjiang, un sentiment alimenté en partie par la frustration générée par l’afflux de migrants de l’ethnie Han. Les autorités soutiennent que les extrémistes de la région ont des liens avec des groupes terroristes internationaux, mais ont fourni peu de preuves pour soutenir ces affirmations.


Autres contenus:

Washington pourrait punir Pékin pour ses camps d’internement de musulmans

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca