Les défenseurs du français en guerre contre les « fake news »

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The Guardian et Agence France-Presse

Il n’y a pas qu’au Québec que les ayatollahs de la langue de Molière montent sur leurs grands chevaux: les défenseurs de la langue française, dans l’Hexagone, demandent à leurs compatriotes de cesser d’utiliser le terme anglais « fake news », recommandant plutôt de passer à « information fallacieuse ».

La Commission pour l’enrichissement de la langue française (CELF) a également dévoilé une nouvelle expression, « infox », pour ceux qui considèrent que le terme « information fallacieuse » est un peu trop complexe en bouche.

« L’expression anglo-saxonne « fake news », qui fait référence à une série de comportements contribuant à la désinformation du public, a rapidement pris de l’ampleur en français », déplore ainsi la commission. « Voici l’occasion de puiser dans les ressources de la langue pour trouver des équivalents en français. »

La popularité des expressions anglaises fait régulièrement l’objet de débat dans le monde francophone, et surtout en France, où les jeunes apprécient particulièrement le fait de saupoudrer leurs conversations avec des mots et des expressions anglophones.

Les nouveaux termes français pour « fake news » devraient être employés pour faire référence à des « informations qui sont fausses ou délibérément biaisées », a indiqué le CELF dans sa recommandation publiée dans la gazette officielle française. Cela comprend des faussetés visant à « favoriser un parti politique par rapport à un autre, à nuire à une personne ou à une entreprise, ou à contredire une vérité scientifique établie ».

« Infox » est bien entendu un mot-valise formé des termes « information » et « intoxication ».

Le comité a également donné son appui à des termes équivalents tels que « nouvelle fausse », « fausse nouvelle » et « information fausse » – tout sauf « fake news », en bref.

Mise sur pied en 1996, la CELF est un comité rassemblant des professeurs et intellectuels, ainsi que des membres de la communauté culturelles qui suggèrent bénévolement des méthodes pour améliorer la langue française. Jusqu’à maintenant, la commission a présenté plus de 7900 suggestions, y compris des remplacements pour « binge drinking » (beuverie express), « hashtag » (mot-dièse, bien que mot-clic ait trouvé preneurs au Québec), et « big data » (mégadonnées).

Le comité travaille également de concert avec l’Académie française, dont le mandat quatre fois centenaire consiste à protéger la pureté de la langue française.


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