Le départ du ministre français de l’Intérieur, une crise? Pas du tout, assure le président Macron

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Reuters

Emmanuel Macron a minimisé mercredi le bras de fer inédit qui a entouré la démission de son ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, évoquant des « péripéties » et assurant que le gouvernement était « au travail ».

Le ministre a démissionné de son poste à l’Intérieur pour se consacrer aux élections municipales à Lyon.

« Je vous rassure, il y a un cap, des institutions, un gouvernement au travail, au service du pays et du peuple français, c’est tout ce qui compte », a dit le chef de l’État à des journalistes en marge d’une visite au salon de l’automobile à Paris.

« Le reste, ce sont des péripéties », a-t-il ajouté. « Je ne ferai pas d’autres commentaires, moi je ne suis jamais dans le commentaire, je suis dans l’action, c’est ça qui m’intéresse et c’est ce que les Français attendent. »

Le président a “souligné que c’était un choix qui appartenait à Gérard Collomb, il a rappelé aux membres du gouvernement les liens personnels entre lui-même et Gérard Collomb”, a rapporté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, lors du compte rendu du conseil des ministres.

« Force était de constater que Gérard Collomb s’était tourné vers Lyon et vers les Lyonnais et, ce faisant, il s’était placé lui-même dans la position de démissionner », a-t-il ajouté. « Le président de la République a rappelé qu’être ministre ce n’est pas une charge dont nous serions dépositaires, que chacun doit être pleinement concentré à sa tâche car les Français le méritent. »

Emmanuel Macron « a souligné que rien de ce qui se passe depuis 48 heures ne s’apparente à une crise politique, l’État fonctionne, les transformations sont engagées, le gouvernement est parfaitement à sa tâche », a dit Benjamin Griveaux. « Il a appelé chaque membre du gouvernement à savoir s’élever au-dessus des intérêts particuliers. »

« On ne va pas se mentir, chacun aurait préféré sans doute que les choses se passent autrement, la vie politique ça n’est jamais un long fleuve tranquille. Un gouvernement, c’est un collectif de personnalités, de gens qui à des moments de leur vie peuvent décider d’avoir des engagements », a-t-il poursuivi. « Nous respectons le choix (que Gérard Collomb) a fait. Il portera la transformation que souhaite le président de la République sur le territoire de la métropole lyonnaise ».

Les Français approuvent

Ce départ anticipé du ministre est approuvé par sept Français sur dix, selon un sondage Elabe pour BFM TV publié mercredi.

Sur les 1000 personnes interrogées les 2 et 3 octobre via internet, 70% estiment que Gérard Collomb devait quitter le gouvernement dès maintenant. Ils sont 29% à considérer qu’il devait plutôt rester au gouvernement jusqu’au début de la campagne des élections municipales.

Interrogés sur les motivations de l’ex-ministre d’État, 57% des sondés pensent que son choix a d’abord été motivé par un désaccord entre lui et Emmanuel Macron, alors que 42% jugent prioritaire son désir de briguer de nouveau la mairie de Lyon, en 2020.

Les personnes interrogées ont également été invitées à juger le style d’Emmanuel Macron, considéré comme un président autoritaire à 79%, mais aussi arrogant (71%) et dynamique (71%).

De l’avis des deux tiers des sondés (64%) la façon d’être et le style d’Emmanuel Macron sont plutôt un défaut. Seuls 35% les considèrent comme une qualité.


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