Bruxelles rejette le plan de sortie de crise de Theresa May sur le Brexit

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The Guardian

Les diplomates de l’Union européenne (UE) ont rejeté la proposition de la première ministre britannique Theresa May selon laquelle Bruxelles devait d’abord céder pour briser l’enlisement des négociations sur le Brexit, alors que Jean-Claude Juncker a indiqué que les Britanniques « ne découvraient que maintenant » l’ampleur des problèmes provoqués par le désir de sortir de l’union continentale.

Le président de la Commission européenne a ainsi déclaré, en Allemagne, qu’il regrettait que les électeurs britanniques n’aient pas été correctement informés en prévision du référendum de 2016 sur le Brexit. Il a également affirmé que les ministres du gouvernement conservateur ne découvraient les véritables coûts du divorce.

« Ce que je trouve dommage, c’est qu’il n’y ait pas eu de véritable campagne correctement informée », a dit M. Juncker.

Toujours selon ce dernier, les animaux de compagnie des touristes britanniques pourraient être placés en quarantaine pendant plusieurs jours, et des vols pourraient effectivement être cloués au sol, malgré les assurances contraires provenant de Whitehall, le siège du gouvernement à Londres.

« Alors, si je commence à me demander ce qu’il adviendra des 250 000 chiens et chats qui quittent le continent européen à chaque année… », a poursuivi M. Juncker. « En ce moment, ils ne font que franchir les douanes. Bien des gens, sur le continent, aimeraient que ce système perdure, mais je crois que nous aurons un système de quarantaine de quatre jours. Et si vous voulez partir une semaine en vacances avec votre animal, allez-vous le laisser à la maison? Ou resterez-vous vous-mêmes à la maison? »

« Que se passera-t-il avec le trafic aérien en Europe? », a-t-il poursuivi. « Si le Brexit ne se déroule pas comme prévu, les avions britanniques ne pourront atterrir sur le continent européen; les gens ne le savent pas. Quelqu’un aurait dû le leur dire avant le référendum. »

Contre-offre?

Ces commentaires de M. Juncker, effectués lors d’un événement qualifié de « dialogue citoyen », surviennent alors que des diplomates de Bruxelles ont soulevé des doutes sur la possibilité de la présentation d’une contre-offre substantielle par l’UE.

Si le gouvernement britannique affirme que la balle est dans le camp européen pour relancer les négociations, des diplomates européens parlent d’une danse diplomatique plus complexe, dans le cadre de laquelle les deux camps publient des rapports et des documents de travail durant une intense période de négociations menant à un sommet prévu le 18 octobre.

Des responsables ont également répété que l’UE n’accepterait pas l’aspect économique du plan de « Chequers » de Mme May, craignant qu’il n’octroie un avantage concurrentiel permanent aux Britanniques par rapport au reste de l’Europe.

« Pas de compromis »

Lundi, le ministre responsable du Brexit, Dominic Raab, a déclaré à des délégués conservateurs que « l’approche théologique » de l’UE ne laissait aucune marge de manoeuvre pour parvenir à un compromis important. « Si l’UE veut un accord, elle doit faire preuve de sérieux. Et ils doivent le faire maintenant. »

Rejetant cette caractérisation, une source européenne a indiqué que les deux camps devaient faire des concessions pour faire progresser les négociations: « En fait, la balle est dans les deux camps. »

Une source bien placée a indiqué que la campagne des pro-Brexit en faveur de l’abandon du plan de Chequers poussait Mme May vers un accord de libre-échange avec l’UE, soit l’accord semblable à celui conclu entre Ottawa et Bruxelles, une perspective pourtant rejetée par la première ministre.

Les deux parties semblent aussi camper sur les positions quant à la question de l’Irlande du Nord. L’UE ne veut pas d’une frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande, mais l’alternative, une frontière maritime entre la principale île britannique et l’île irlandaise, est vivement rejetée par le gouvernement conservateur.


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