Hypergun revisité: aimer se faire mal

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Il y a quelque chose d’hypnotisant dans Hypergun, ce jeu de tir à la première personne parsemé d’aspects rogue-lite développé et publié par NVYVE Studios. D’assez hypnotisant, en tout cas, pour qu’on y retourne. Encore, et encore, et encore.

Ils l’ont fait, les salopards. Les gens responsables de la création de ce jeu semblent avoir écouté le public – et peut-être ce journaliste, qui sait? – et ont modifié leur titre en conséquence, transformant ce qui était déjà un produit franchement intéressant en quelque chose qu’on éprouve une difficulté grandissante à mettre de côté.

Qu’y a-t-il donc de si nouveau pour mériter une deuxième critique en autant de mois, me demanderez-vous? En ajustant le niveau de difficulté, en modifiant la composition des groupes d’ennemis qu’il faudra combattre et la fréquence à laquelle ils apparaîtront, mais aussi en améliorant grandement la mécanique entourant les ajouts qu’il est possible d’accoler à son arme, Hypergun donne enfin la possibilité, au joueur déterminé de franchir les deux premiers niveaux en moins d’une dizaine de minutes chacun, puis de parvenir jusqu’au monstre en chef du quatrième environnement. Avant de mourir et de devoir recommencer depuis le début, bien sûr.

Car cela, bien sûr, les développeurs ne l’ont pas changé. Cela eut été trop beau, sans doute. Et qu’aurions-nous fait sans cette adrénaline qui se déverse dans nos veines lorsque vient le temps d’affronter un monstre de fin de niveau dont nous ignorons encore la stratégie.

Autrement, que faut-il souligner, dans cette nouvelle mouture du jeu? Des premier et deuxième niveaux relativement plus faciles, d’abord: finies, les interminables fuites devant des Chargers blindés et menaçants, alors que nous n’avons qu’une misérable pétoire entre les mains, en début de partie.

Ces mêmes Chargers ne feront leur apparition qu’au troisième niveau, en fait. C’est dire à quel point une transformation semblait s’imposer. Quant aux ennemis capables de se téléporter, qui étaient particulièrement détestables dès le deuxième niveau, dans l’ancienne version du jeu, les voilà repoussés au quatrième niveau. Ils sont toujours aussi haïssables, mais puisque nous sommes rendus au quatrième niveau, notre armement est normalement plus développé, ce qui permet d’expédier rapidement ces ennemis téléporteurs dans l’au-delà.

Abaisser le niveau de difficulté des ennemis, c’est bien. Mais force est de constater, en obtenant ainsi un accès plus aisé aux niveaux cachés derrière un monstre de deuxième niveau auparavant estimé imbattable, que le troisième monde à explorer, baptisé « jungle », provoquera probablement quelques maux de tête, ou encore quelques jurons bien sentis. Car plutôt que de nous offrir un terrain de jeu aux arrêtes bien droites, les salles de ce niveau sont parsemées de plantes et autres bosquets. De la verdure fort jolie, mais dans laquelle le joueur risque de se retrouver coincé, à la merci du premier ennemi venu. Et cela, c’est sans compter le monstre de la fin du troisième niveau, une limace géante se déplaçant rapidement au plafond d’une grande salle. Il est relativement aisé d’éviter ses tirs si l’on se déplace constamment, mais – surprise! – les missiles éjectés par la bête font disparaître le sol sous vos pieds. Il faut donc viser un robot mouvant, éviter les tirs et regarder où l’on court. Peut-être faudrait-il revoir un peu l’intensité de ce combat?

Terminons, enfin, ce nouveau tour d’horizon par un retour sur le système d’ajouts pour nos armes. Plutôt que de devoir aveuglément amasser toutes ces « améliorations », même si elles s’avèrent nuisibles, il est maintenant possible de revenir en arrière si le changement ne nous plaît pas. Une transformation qui allait de soi, mais qu’il aura fallu attendre.

Si la première version d’Hypergun était intéressante, mais frustrante, cette déclinaison modifiée vaut amplement la peine. Précipitez-vous sur Steam, ou vers votre Xbox One ou votre PlayStation 4, donc… même s’il faudra vous préparer à rager de temps en temps.

Hypergun

Développeur et éditeur: NVYVE Studios

Plateforme: Windows, PlayStation 4 et Xbox One (testé sous Windows)

Jeu disponible en français (interface seulement)


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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