Rétroctopode – Conquête galactique à la sauce Sword of the Stars

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Développé par le studio canadien Kerberos Productions, Sword of the Stars est un jeu de type 4x – pour expandexploreexploit et exterminate, soit prendre de l’expansion, explorer, exploiter les ressources et exterminer les adversaires – mettant aux prises diverses races dans une galaxie pouvant compter plusieurs centaines de planètes. À l’aide de flottes massives et d’avancements technologiques, le joueur devra savoir s’imposer maître de l’univers.

Sorti en 2006, Sword of the Stars est unique en son genre. Non pas qu’il n’existait pas de jeux 4x auparavant, ou qu’il n’en est pas sorti depuis (en faire la liste serait même trop long), mais avec ses races disposant chacune d’une méthode de transport spécifique, chacune d’un « arbre » technologique jamais complet – limitations « raciales » et contraintes semi-aléatoires obligent -, avec sa vue galactique en trois dimensions, ou encore avec ses nombreuses particularités et options de personnalisation et de microgestion, le jeu démontre certainement que les développeurs avaient de l’ambition.

Qui aurait cru qu’un studio pratiquement inconnu alors lancerait en 2006 ce qui est encore aujourd’hui un fantastique jeu où les possibilités donnent parfois le tournis.

Commençons donc par le commencement: chaque race (on en comptait quatre à la sortie du jeu original, nombre qui a été porté à six par la suite) dispose d’une série de caractéristiques la rendant aisément reconnaissable. Il y a bien sûr ces images, en apparence cartoonesques, qui permettent d’identifier rapidement son interlocuteur, et éventuellement son ennemi. Il y a aussi, entre autres pour les humains et les Hivers, le mode de transport. Si d’autres races voyageront ainsi en quelques tours entre les différents systèmes solaires, les humains, eux, circulent plus vite entre deux étoiles, mais sont condamnés à emprunter des routes hyperspatiales qui entraîneront parfois des détours indésirables.

Pour les Hivers, la chose est encore plus spéciale. Structurée autour du concept de la ruche, cette espèce cherche à développer un système renfermé où l’interaction avec l’extérieur est à réduire au strict minimum. Voilà pourquoi cette race dispose de portes hyperspatiales pouvant, en un seul tour, transporter tout une flotte de guerre, ou encore un escadron de colonisation ou d’exploration, d’un bout à l’autre du territoire. Mais si l’on veut sortir de cette zone d’influence, alors il faudra prendre son mal en patience. Il donc pas étonnant de voir, en début de partie, un joueur Hiver être confiné à une poignée de mondes. Une fois la machine lancée, toutefois, difficile de l’arrêter, et une autre race sera bien en peine de chercher à détruire ces portails, histoire de ralentir le rythme auquel les essaims meurtriers déferlent sur ses mondes.

Image tirée du jeu

Personnalisation à gogo

Outre la personnalisation inhérente au choix de son espèce, Sword of the Stars laisse aussi une certaine marge de manoeuvre du côté des technologies. Bien sûr, il faudra d’abord découvrir des secrets moins risqués pour déverrouiller des moteurs ou encore des armes plus puissantes par la suite, mais il est parfois possible de sauter des étapes, du moment que l’on puisse consacrer du temps et de l’argent à cette progression plus rapide.

Parlons-en, d’ailleurs, de cet argent: outre les frais d’entretien des navires de guerre et des stations spatiales, des sommes récoltées par le Trésor public peut aussi être injecté dans la recherche scientifique pour en accroître temporairement la vitesse. Ou l’on peut également décider de consacrer une plus grande part du budget à regarnir ses coffres, à l’opposé. Gare à ne pas trop s’appauvrir pour agrandir son domaine coûte que coûte en début de partie. Car coloniser une planète ne se fait pas en criant ciseaux. Il faut d’abord y envoyer un ou plusieurs vaisseaux spécialisés, puis injecter une somme plus ou moins importante pour terraformer et développer ce nouveau monde. Et plus cette planète offre des conditions de vie différentes de celles de l’espèce du joueur, plus il faudra payer cher, et pendant longtemps. Il y aura même de ces planètes jugées inhabitables, et ce même si l’on développe toutes les technologies possibles. Gare à ce qu’elles ne tombent pas dans les mains d’une autre espèce mieux adaptée!

Toujours dans le cadre de cette personnalisation, on nous offre des dizaines, voire des centaines de combinaisons possibles pour armer notre flotte de guerre. Vaut-il mieux miser sur les lasers? Les missiles? Les armes kinétiques? Les rayons gamma? Les drones? Il est bien sûr possible de fabriquer des destroyers génériques à la chaîne, mais ceux-ci seront vite décimés par un adversaire qui sait s’adapter et équiper ses propres armadas pour contrer les vôtres.

Il faudra aussi penser à diversifier les rôles des vaisseaux intégrés dans vos flottes. Ici, un vaisseau de commandement pour contrôler davantage de nefs en même temps. Là, une raffinerie pour refaire le plein entre les combats, ou encore un vaisseau de réparations. Ou choisira-t-on plutôt de miser sur les terrifiants Siege Drivers, des vaisseaux titanesques capables de catapulter des montagnes entières contre des planètes pour en détruire les défenses ennemies? Les choix sont légion.

Image tirée du jeu

Feu à volonté!

Le temps est venu de parler des combats spatiaux. Car en l’absence d’un véritable volet politique, Sword of the Stars s’appuiera très largement sur la guerre pour rythmer le déroulement des parties. On peut bien entendu conclure des traités avec ses adversaires, mais en jeu contre l’ordinateur, ce dernier est taciturne et n’a habituellement pas envie de multiplier les trahisons et les machinations.

Lors d’un affrontement, généralement en orbite autour d’une planète, le jeu trouve ici ses heures de gloire. Car là encore, les options sont presque trop nombreuses. Les commandes directionnelles sont généralement limitées, mais il est possible de déterminer assez précisément le comportement de ses vaisseaux pour tenter d’obtenir la victoire. Il faudra voir, cependant, si cela est suffisant lorsque les armes parleront. Tirs qui font dévier les vaisseaux de leur trajectoire, lasers ou projectiles qui rebondissent sur des coques, explosions à tout va, déflagrations qui endommagent sans discrimination les vaisseaux aux alentours, défenses planétaires qui peuvent infliger de terribles punitions, ou encore affrontements aléatoires qui agiront comme autant d’épines au pied du joueur…

On ne sait parfois plus où donner de la tête, mais il est tout à fait jouissif de parvenir à développer des cuirassés, de véritables monstres hérissés d’armes, et de les voir rayer une escouade de croiseurs de la carte en quelques instants.

Image tirée du jeu

Des traces de rouille sur l’épée spatiale

Avec tout cela, on pourrait se dire que Sword of the Stars est un classique inoubliable, non? Pas tout à fait… Plusieurs problèmes témoignent sans doute du trop-plein d’enthousiasme des développeurs.

D’abord, l’interface est criarde, avec un jeu qui semble s’obstiner à ne pas offrir la résolution d’écran pourtant dûment sélectionnée. Les couleurs sont criardes, les dialogues sont agressants et répétitifs, tout comme les sons générés par les menus. Il semble aussi impossible de trouver aisément une flotte sur la carte galactique. Existe-t-il un menu spécifique pour y parvenir. Après avoir joué à ce jeu pendant des années, les recherches se poursuivent à ce sujet.

La carte galactique, d’ailleurs, est une bonne idée mal exécutée. On se prendra à faire pivoter l’ensemble dans tous les sens pour enfin pouvoir sélectionner la planète ou la flotte désirée. Et que dire de toute cette microgestion? Pouvoir choisir l’intensité des récoltes ou du rythme de travail des usines,  devoir gérer le moral de ses populations, pouvoir établir des liens commerciaux qu’il faudra assurer avec des vaisseaux à construire… Vaisseaux qu’il faudra éventuellement protéger contre des pirates! Il n’est pas rare de devoir gérer une dizaine de batailles, rencontres inopportunes et autres urgences par tour.

Sword of the Stars est sans doute trop ambitieux pour son propre bien. Il n’en reste pas moins que le jeu est excellent, viscéral, brut. Plus direct et cru que ses contemporains, si l’on puis dire. Le titre est certainement meilleur que sa suite, sortie en 2011, et qui même après une mise à jour exhaustive, n’a jamais su trouver son public.

Sword of the Stars est disponible pour environ 11$ sur la plateforme Steam, ou 13$ sur GOG.com. Un achat qui est fortement recommandé.

Sword of the Stars

Développeur: Kerberos Productions

Éditeur: Paradox Interactive

Plateforme: Windows

Jeu disponible en français


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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