Venez danser le Sacre du Printemps

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À l’Agora de la danse, il est possible, pendant trois jours, d’être le danseur/ la danseuse d’une pièce chorégraphique. On vous recommande vivement d’aller jouer!

Rares encore sont les projets participatifs réellement réussis. Souvent un peu calquées, les participations sont souvent de maigres contributions aux créations. Cette fois la proposition du créateur catalan Roger Bernat est totale et fonctionne à merveille ! Ce soir c’est vous danserez Le Sacre du Printemps, rien de moins!

Munis d’un casque audio, vous entrez en scène. Une voix vous parle tout au long des 45 minutes et vous indique de l’expérience ce qui est attendu de vous. Les mouvements que vous devez effectuer. Bien évidemment, aucune participation n’est obligatoire et il est possible de rester autour de l’espace scénique pour observer les danseurs.

La chorégraphie est empruntée à Pina Bausch, et ceux qui la connaissent pourront facilement se remémorer les tableaux. Vous êtes donc invités à former des groupes aléatoires et à entrer et sortir de la scène afin de composer, avec les autres participants ignorants, cette chorégraphie.

Étonnamment, le casque d’écoute permet de rentrer dans l’espace de son corps, de s’isoler du regard des inconnus qui peut paraître de prime abord un peu intimidant.

Une fois la peur de « faire une bêtise » c’est à dire de mal suivre les instructions passée, on se laisse aller à l’autorité de la voix. Alors que les participants s’observent légèrement les premières minutes de l’expérience, la gêne passe vite.

Tels des robots, vous suivez les instructions de vos casques et finissez par laisser aller vos corps envahir l’espace. C’est assez fascinant de voir les personnes se toucher, courir d’un bord à l’autre de l’espace de jeu, se rapprocher sans malaise. Manipulés mais aussi libérés de toute inhibition. N’ayez crainte, il n’y a jamais aucune atteinte à la pudeur et il est à tout moment possible de se retirer du jeu. Vous pourrez alors observer, avec une certaine admiration, le spectacle de les danseurs novices.

À l’Agora de la danse

Du 12 au 15 septembre


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À propos du journaliste

Mathilde Perallat

Mathilde Perallat vient de France, et plus particulièrement de Provence. Avant de s’installer à Montréal, elle a passé plusieurs années dans la capitale culturelle française où elle s’est nourrie de théâtre, de danse et de cirque en forte quantité – autant que de qualité. C’est aussi par sa propre pratique des arts du cirque, en tant que danseuse aérienne, qu’elle est tombée amoureuse des arts de la scène. Formée en sociologie et en gestion, et doctorante à Concordia dans une recherche sur le rôle social que peut porter le cirque, Mathilde s’inspire et nourrit son âme et son esprit de spectacles en tous genres tout en continuant à se forger un esprit critique, cette critique qui fait si bien la réputation de son pays, pour le meilleur et pour le pire. Elle sait néanmoins mettre de l’eau dans son vin (selon les circonstances) et tente de donner des avis qui mesurent regard personnel et mise en perspective, toujours dans une grande ouverture.

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