Ouragan Florence: la Caroline du Nord craint une catastrophe environnementale

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The Guardian

L’ouragan Florence pourrait provoquer une catastrophe environnementale en Caroline du Nord, où les rejets provenant des fermes porcines, des montagnes de scories de charbon et d’autres sites industriels pourraient se répandre dans des maisons et menacer les sources d’eau potable.

Des préparatifs sont également en cours sur une demi-dizaine de sites de centrales nucléaires qui se situent sur la trajectoire de l’ouragan large d’environ 750 kilomètres, et qui se dirige vers la côte est américaine, où il devrait toucher terre jeudi soir. Plus de 1,4 million de résidents à travers les deux Carolines ont reçu l’ordre d’évacuer.

« Des préparatifs visant à protéger les vies humaines et les biens physiques doivent être accélérées de façon à être complétées rapidement », a indiqué mercredi matin le Centre national de prévention des ouragans (NHC).

Le président américain Donald Trump a déclaré que son administration était « totalement et absolument préparée » à gérer l’impact de la tempête, malgré des avertissements du National Weather Service selon lesquels Florence « sera probablement la tempête d’une vie pour des sections de la côte des Carolines ».

M. Trump a insisté mercredi sur le fait que, malgré de nombreuses critiques, son gouvernement avait effectué un « excellent travail sous-apprécié » dans la gestion des retombées de l’ouragan Maria, l’an dernier à Porto Rico, qui a tué près de 3000 personnes.

Mercredi, la Géorgie a rejoint les deux Carolines (Nord et Sud), ainsi que la Virginie, et a déclaré l’état d’urgence en prévision de l’arrivée de Florence.

En Caroline du Nord, des modèles informatiques prédisent que près d’un mètre d’eau s’abattra sur la partie est de l’État, et les craintes ont été exacerbées par les nombreux risques environnementaux se trouvant dans la trajectoire de l’ouragan.

On compte 16 réacteurs nucléaire en Caroline du Nord, du Sud, ainsi qu’en Virginie, les trois États devant le plus souffrir du passage de la tempête.

Duke Energy, qui gère six sites nucléaires, a annoncé que des techniciens commenceraient à éteindre des réacteurs au moins deux heures avant l’arrivée des vents déchaînés de Florence.

Centrale à risque

La centrale nucléaire de Brunswick, située au sud de Wilmington, près de l’embouchure du fleuve Cape Fear, a été identifiée en 2014 par le HuffPost et Weather.com comme l’une des installations nucléaires les plus à risque d’une augmentation du niveau de l’eau et des inondations qui s’ensuivraient.

Les deux réacteurs de la centrale sont du même modèle que ceux de la centrale de Fukushima, au Japon, qui ont explosé et fait fuir de la radiation à la suite du tremblement de terre et du tsunami de 2011. À la suite de cette catastrophe, des organismes réglementaires fédéraux américains ont exigé que toutes les centrales nucléaires des États-Unis effectuent des mises à niveau pour mieux résister à ces deux types de désastres.

Duke Energy n’a pas répondu à une demande d’informations à propos des changements effectués à la centrale Brunswick, si ce n’est que de dire que des génératrices et des pompes d’urgence évacueront l’eau si le site est inondé. La compagnie a assuré, cette semaine, qu’elle est prête pour le passage de Florence, qui devrait entraîner des vents de 220 km/h et des vagues de 25 mètres.

La zone sur la trajectoire de la tempête, en Caroline du Nord, est une plaine fertile aux rivières ayant tendance à sortir facilement de leur lit. En 1999, l’ouragan Floyd avait frappé les côtes avec la force d’un ouragan de catégorie 2. Il en avait résulté le pire désastre naturel de l’histoire de l’État, les inondations ayant tué des dizaines de personnes et plongé des villes entières sous les eaux.

Les carcasses gonflées de centaines de milliers de porcs, de poulets et d’autres animaux morts noyés avaient surnagé dans une soupe nauséabonde de matières fécales, de pesticides, d’engrais et d’essence si toxique que des poissons tentaient en vain d’en sortir, en bondissant à la surface. Les secouristes ont dû badigeonner le dessus de leur lèvre supérieure avec de la gelée odorante pour tenter de se prémunir contre l’odeur.

Florence doit frapper la même région, mais avec une force bien plus importante.

« Cette tempête est particulièrement effrayante », avance Jamie Kruse, directeur du Center for Natural Hazards Research de la University of East Carolina. « Les impacts environnementaux proviendront des activités d’élevage et des résidus de charbon. Jusqu’à ce que les impacts de l’ouragan ne se fassent plus sentir, il va y avoir une grande quantité de saletés dans l’eau. »


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