« Je ne suis pas Spartacus! » Après l’éditorial anonyme, la Maison-Blanche se dédit

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The Guardian

Plusieurs hauts responsables de l’administration Trump ont nié être l’auteur d’un éditorial anonyme et fortement controversé faisant état d’une « résistance secrète » à l’oeuvre au sein de la Maison-Blanche, dans la foulée de vives spéculations sur l’identité du responsable.

Le compte rendu, publié mercredi par le New York Times, aurait été rédigé par un haut responsable de la Maison-Blanche, qui a soutenu faire partie d’une coalition visant à contrer « les pires tendances » du président jusqu’à ce qu’il termine son mandat ou soit destitué.

Le vice-président Mike Pence, le secrétaire d’État Mike Pompeo, et l’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley font partie d’un groupe de caciques et de ministres qui ont publiquement martelé, jeudi, ne pas avoir écrit l’éditorial.

La Maison-Blanche a exigé que les journalistes abandonnent leur « folle obsession » avec leur volonté de démasquer « le haut responsable » qui a écrit l’éditorial.

« L’obsession des médias avec l’identité du pleutre anonyme nuit inutilement à la réputation de milliers d’Américains qui servent leur pays et qui travaillent pour le président », a déclaré la porte-parole Sarah Sanders, jeudi.

Celle-ci a proposé d’appeler directement le « New York Times raté » et a fourni un numéro de téléphone pour le bureau des pages d’opinion. « Ce sont les seuls responsables de cet acte ignoble », a-t-elle ajouté.

Trump en colère

Le président a réagi avec fureur au texte d’opinion. Il a affirmé sur Twitter, jeudi que « l’État secret et la Gauche, ainsi que leur moyen d’expression, les fausses nouvelles, perdent la boule – et ils ne savent pas quoi faire ».

« Le vice-président signe ses textes d’opinion », a de son côté indiqué le porte-parole de la vice-présidence, Jarrod Agen, dans une déclaration publiée sur Twitter, jeudi, alors que les rumeurs allaient bon train à propos d’une possible implication de M. Pence dans la rédaction du texte. « Le New York Times devrait avoir honte, tout comme la personne qui a écrit ce texte faux, illogique et honteux. Nous sommes au-dessus de tels gestes. »

M. Pompeo, qui visitait New Delhi, a confié jeudi à la presse que « ce n’est pas lui ».

Le secrétaire d’État a ajouté que « cela ne devrait surprendre personne » que le journal avait choisi de publier « un tel texte » et que si celui-ci avait bel et bien été écrit par un haut responsable, le quotidien « n’aurait pas dû choisir les mots d’une telle personne ».

M. Pompeo a accusé les médias de tenter de saper l’administration Trump, et dit avoir trouvé le tout « particulièrement troublant ».

De son côté, le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a organisé une conférence de presse pour affirmer que l’auteur « est évidemment quelqu’un de malhonnête. Cela n’aide pas le président. Si vous ne voulez pas aider le président, vous ne devriez pas travailler pour le président ».

Pendant ce temps, Dan Coats, responsable des services de renseignement, a lui aussi démenti, parlant d’allégations « complètement fausses ».

« Non », a fermement répondu Mme Haley, lorsque interrogée par des reporters à propos de l’éditorial au moment où elle arrivait aux Nations unies, jeudi. Même son de cloche du côté du secrétaire de la Défense, Jim Mattis.

D’autres secrétaires et responsables ont eux aussi nié, parmi eux Rick Perry (Énergie) et Steve Mnuchin (Trésor).

« Lodestar »

Sur Twitter, plusieurs internautes ont débattu de l’importance de l’utilisation, par l’auteur de l’éditorial, du mot « lodestar » – étoile polaire -, qui apparaît souvent dans des discours du vice-président Mike Pence.

Après la publication du texte, le Washington Post a rapporté que des conseillers et des alliés extérieurs de la Maison-Blanche avaient échangé des messages texte disant « les cellules dormantes se sont réveillées ».

La Maison-Blanche a immédiatement lancé une chasse à l’homme pour trouver l’auteur du texte, se concentrant sur une liste d’une demi-dizaine de noms, selon le New York Times.

Le texte représente une critique virulente de Donald Trump, et est sans précédent dans l’histoire américaine moderne. L’ancien directeur de la CIA John Brennan, qui a échangé de nombreuses piques avec le président, a parlé d’un « acte d’insubordination découlant d’une loyauté envers le pays, et non pas envers Donald Trump ».

« Je vois tous les signes avant-coureurs d’une catastrophe », a-t-il déclaré jeudi matin au Today Show, sur les ondes de NBC.


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