Dans la cellule du prisonnier, avec Dead Cells

1

Si vous êtes de ceux qui pensez que, afin de plaire à un plus vaste public, les jeux vidéo sont devenus trop faciles dans les dernières années, Dead Cells, un « rogue-lite » qui fournit un niveau de difficulté un peu plus relevé que la moyenne, est définitivement pour vous.

Inspiré des classiques de la vieille école, plus spécifiquement Metroid et Castlevania, Dead Cells se décrit comme un « roguelike » léger, ou un « rogue-lite ». On y incarne un prisonnier décapité qui, après avoir miraculeusement échappé à la mort, doit maintenant s’échapper du cachot où il croupit. On ne dispose que d’une seule et unique vie pour se rendre le plus loin possible, et chaque fois qu’on meurt (ce qui arrive très souvent), on doit recommencer depuis le tout début. Heureusement, les tableaux sont générés aléatoirement, et leur tracé est différent à chaque fois qu’on les traverse, ce qui diminue l’impression de répétition.

Image tirée du jeu

Les mécaniques de Dead Cells sont simples d’approche, mais difficiles à maîtriser. Comme dans tout bon jeu de plateformes, on dispose d’un saut (et d’un double saut) pour atteindre des endroits inaccessibles, ou cachés. Chaque tableau regorge de zones secrètes, de parchemins de puissance permettant d’augmenter ses capacités, ou des schémas pour obtenir de meilleures armes et pièces d’équipement. L’exploration est donc au cœur de l’expérience, et pour la faciliter, une mini-carte dans le coin inférieur de l’écran indique en tout temps où l’on se trouve exactement. Des portaux disséminés un peu partout à travers les tableaux permettent aussi de fouiller le moindre recoin sans devoir revenir sans cesse sur ses pas.

Le combat dans Dead Cells consiste en un bouton pour les attaques à l’épée, et un autre pour l’arc ou le bouclier. On acquiert également des pièges ou des bombes avec le temps. Un point d’exclamation apparaît au-dessus d’un adversaire lorsqu’il est sur le point d’attaquer, ce qui laisse le temps d’esquiver le coup. Les ennemis tués laissent tomber des pièces d’or, mais aussi des cellules, la monnaie d’échange du jeu qui permet d’améliorer ses points de vie, ses attaques, ou d’autres aspects de son héros. On perd le contenu de son inventaire lorsqu’on meurt, mais heureusement, certaines améliorations sont permanentes, et les obstacles qui semblaient insurmontables deviennent beaucoup plus faciles avec le temps.

Image tirée du jeu

Visuellement, Dead Cells évoque la période de la fin des années 1980 où les développeurs de jeux, comme Splatterhouse ou l’infâme Chiller, ont découvert qu’ils pouvaient illustrer le « gore » en détail grâce au passage du 8 au 16 bits. On apprécie l’esthétique à la fois gothique et rétro, avec ses pendus, ses piles de cadavres, ses chairs en putréfaction et ses corbeaux pixellisés. Bien que le jeu lâche occasionnellement au beau milieu d’une partie (ce qui est particulièrement frustrant pour un « roguelike »), l’expérience tourne rondement la plupart du temps. En plus de la campagne, le titre offre également des défis quotidiens à accomplir.

L’adage dit qu’à « vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », et bien qu’il atténue légèrement son expérience de « roguelike », Dead Cells constitue un bel hommage à une époque, pas si lointaine, où les jeux vidéo fournissaient un niveau de difficulté beaucoup plus satisfaisant à surmonter.

7/10

Dead Cells

Développeur/Éditeur : Motion Twin

Plateformes : Linux, Mac OS X, PS4, Switch, Windows, Xbox One (Testé sur Xbox One)

Jeu disponible en français (textes à l’écran seulement)


Autres contenus:

We Happy Few, la dystopie au goût doux-amer

Partagez

À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

Un commentaire

  1. Pingback: Test Dead Cells - Patrick Robert