Trump dans une guerre de mots avec le New York Times sur les fausses nouvelles

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The Guardian et The Associated Press

Quelques heures après avoir dit avoir eu une « très bonne rencontre » avec l’éditeur du New York Times à propos de sa description des journalistes comme étant « l’ennemi du peuple », le président américain Donald Trump a lancé une virulente attaque contre les « anti-Trump au sein de l’industrie mourante des journaux ».

« Le New York Times sur le déclin et le Washington Post d’Amazon ne font rien d’autre qu’écrire des articles négatifs à propos d’accomplissements particulièrement positifs », a écrit M. Trump sur Twitter. « Et ils ne changeront jamais! »

Plus tôt dans la journée, la Maison-Blanche a confirmé que le président avait rencontré l’éditeur du Times A.G. Sulzberger le 20 juillet. M. Sulzberger a par la suite publié une déclaration qui a lancé des échanges quant à savoir quelles activités étaient les plus dommageables pour l’Amérique.

M. Sulzberger a dit avoir soulevé des « inquiétudes concernant la rhétorique anti-journalisme franchement troublante du président », et l’avoir « imploré de reconsidérer ses attaques contre les médias, que j’estime être dangereuses et nuisibles pour notre pays ».

L’éditeur n’a pas dit comment le président avait répondu. Quelques heures plus tard, M. Trump s’en est donné à coeur joie.

Dans une montée de lait étalée sur plusieurs tweets, il a affirmé que des informations sur les « délibérations internes de notre gouvernement mettent la vie de plusieurs personnes en danger, et pas seulement celle de journalistes ».

« La liberté de la presse vient également avec la responsabilité de rapporter les nouvelles de façon juste », a-t-il ajouté.

« Industrie mourante »

Affirmant sans aucune preuve que « 90% de la couverture média de mon administration est négative », M. Trump a dit qu’il « ne permettrait pas à notre grand pays d’être vendu par des opposants au sein de l’industrie mourante des journaux ».

Le président pourrait faire référence à une étude publiée l’an dernier par l’organisme conservateur Media Research Center, qui soutient que 91% de la couverture des grands médias était négative. Dans une étude des 100 premiers jours en poste du président, le Shorenstein Center, à l’Université Harvard, est parvenu à une conclusion similaire.

Samedi soir, l’éditeur du Washington Post a critiqué le président lors d’une allocution publique.

Dans le cadre d’un événement tenu à Annapolis, au Maryland, Marty Baron s’est exprimé lors d’un événement bénéfice en faveur des familles des cinq personnes tuées le mois dernier lors d’une fusillade au journal Capital Gazette. Elles étaient des « amis du peuple », a-t-il dit.

M. Baron n’a pas parlé du président. À propos des victimes, il a déclaré « qu’aucune d’entre elles ne méritait d’être considérée comme un ennemi en raison de leur profession ou de l’endroit où elles travaillaient ».

« Aucune d’entre elles ne méritait d’être considérée comme un ennemi par l’homme qui les a tuées, et aucune d’entre elles ne méritait d’être qualifiée d’ennemi par qui que ce soit d’autre. Tout comme personne, dans notre profession, ne mérite d’être traité de la sorte. »

Au lendemain de la fusillade, M. Trump a soutenu que les journalistes ne devaient pas avoir peur d’être victimes de violence dans le cadre de leur travail. Il a également affirmé que la fusillade avait « choqué la conscience de notre nation et rempli nos coeurs de peine ».

Il a toutefois continué à attaquer les médias. Cette semaine, M. Trump a confié à des vétérans du Texas qu’ils ne devaient pas « croire la merde que vous voyez en provenance de ces gens, les fausses nouvelles », avant d’ajouter: « N’oubliez pas, ce que vous voyez et ce que vous lisez n’est pas ce qui se passe réellement. »


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