Fabriqués en Chine, les drapeaux pro-Trump seront-ils taxés?

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Reuters

Fabriqués en Chine, les drapeaux pour la réélection de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2020 seront-ils taxés, victimes inattendues de la guerre commerciale entre Pékin et Washington?

De la taille des serviettes de plage, les bannières aux couleurs du drapeau américain, rouge-blanc-bleu, portent le slogan « Keep America Great! » (« Maintenons la grandeur de l’Amérique »).

Dans l’usine Jiahao Flag, dans la province d’Anhui (est de la Chine), ces drapeaux « Trump 2020 » sont confectionnés et emballés, prêts pour l’expédition. Depuis mars, 90 000 d’entre eux ont déjà été produits, un chiffre particulièrement élevé à plus de deux ans du scrutin présidentiel américain.

« Ce n’est pas une coïncidence, les Américains profitent du fait que les droits de douane n’ont pas encore augmenté », explique Yao Yuanyuan, la directrice de l’usine qui produisait déjà les bannières pro-Trump lors de la campagne de 2016, quand le mot d’ordre était de « rendre sa grandeur à l’Amérique » (« Make America Great Again »).

Il est vrai que le prix – un dollar par drapeau – est plus qu’attractif.

Mais cela pourrait changer avec la guerre des droits de douane. « Si Trump continue de réclamer des hausses des droits (…), il se pourrait que je ne puisse plus accepter de nouvelles commandes », explique Yao Yuanyuan, qui estime que ce différend commercial ne profitera à personne.

L’usine Jiahao Flag ne fabrique pas uniquement des bannières pour la campagne de Trump. Elle produit aussi des drapeaux nationaux et autres, comme les drapeaux arc-en-ciel de la communauté homosexuelle, une variété de production qui ne lui fait pas craindre l’avenir.

Vers de nouveaux tarifs en Europe?

Toujours dans l’épineux dossier de la guerre commerciale américaine, la Commission européenne a fait savoir qu’elle préparait des contre-mesures sur 20 milliards de dollars de produits américains si Washington impose des droits de douane sur les automobiles en provenance de l’Union européenne, a déclaré mercredi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

« Nous espérons que nous n’en arriverons pas là et que nous trouverons une solution. Dans le cas contraire, la Commission européenne prépare actuellement une liste assez longue de nombreux produits américains. Ce serait autour de 20 milliards de dollars », a-t-elle dit au quotidien suédois Dagens Nyheter.

Ces contre-mesures pourraient concerner des produits agricoles, mécaniques ou de haute technologie, a-t-elle précisé.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, accompagné par Cécilia Malmström, se rend mercredi à Washington pour une rencontre avec Donald Trump, en grande partie consacrée aux différends commerciaux entre les États-Unis et l’UE.

Les tensions commerciales entre l’UE et les Etats-Unis sont montées d’un cran depuis que Washington a imposé en juin de nouveaux droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium et a menacé de faire de même pour les automobiles européennes.

Le président américain Donald Trump s’est dit pessimiste avant ses discussions avec Jean-Claude Juncker.

Cecilia Malmström s’est montrée, elle aussi, plutôt mitigée: « Normalement, je suis quelqu’un d’optimiste, mais en y allant, je le suis modérément. On peut toujours essayer. »


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