Radiohead à Montréal, de la section 422

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Allez savoir si les mélomanes ont boudé l’acoustique de la salle ou si les adeptes n’ont pas pardonné les mouvements de danse du chanteur après le lancement d’un album trop court, mais il restait des places pour Radiohead les 16 et 17 juillet au Centre Bell une semaine avant le spectacle.

La chanson Daydreaming m’avait suivi toute la journée et ne m’a pas lâché en franchissant les portes de cet aréna gargantuesque. Les escaliers roulants m’ont conduit au dernier étage, puis j’ai longé la paroi circulaire jusqu’au numéro 422. Cette section est assez loin pour voir défiler les stations de bretzels suspendus, d’incubateurs à nachos, de fameux hot dogs et de slush tricolore ou de bière canadienne pour rincer le tout, en chemin. Le rideau de velours traversé, j’ai monté dans les gradins jusqu’en haut. Mon siège était adossé au mur.

Échangeant avec la spectatrice assise à côté, nous disant que ce n’est pas si pire, que l’on voit tout de même bien les musiciens sur scène. Les sièges sont disposés en forme de «U» si l’on esquisse une vue en coupe du nouveau forum. Sais-tu si Radiohead a sorti un album depuis The King of Limbs? Je ne sais pas, m’a-t-elle répondu. Tous les deux, nous avions perdu le fil de la carrière du groupe. Il restait des billets, alors nous nous sommes dit: pourquoi pas! Ce genre de discussion nonchalante ne devait pas avoir lieu au parterre, repère des fanatiques.

Sans faire allusion à Weird Fishes, joué avec d’autres succès de l’album In Rainbows plus tard dans la soirée, cette vue en plongée renvoyait l’impression d’un aquarium. Daydreaming a enduit l’espace au moment où des demi-sphères argentées reflétaient des rayons de lumières dans tous les sens. À travers un long enchaînement de morceaux ambiants, il ne suffisait que de l’électrisant 2+2=5 pour percer la nuée, aller à la rencontre du public… pour éventuellement fusionner.

Un enchaînement de morceaux littéralement, puisque chaque morceau détenait son moment. La discontinuité semblait recherchée.

Un groupe sur scène

La scénographie n’était pas extravagante: un écran ovale à l’horizontale au-dessus d’une série de bandes verticales sur lesquelles des images abstraites colorées et des fragments de corps des musiciens étaient projetées.

À la fin du spectacle et entre les rappels, d’en haut, on voyait une tache mauve semblable à un éclairage de black light sur scène. Lorsque les membres du groupe réapparaissaient dans des cercles blancs de lumière, ils avaient l’air de flotter dans cet espace obscur.

Avant que la boucle se boucle par un rappel visuel à la dernière chanson, l’indélébile Karma Police, la projection d’une sphère dont des rayons émergent de picots était le complément du jeu de rayons de l’introduction, les spectateurs ont eu droit à un rappel en plusieurs secousses.

Probablement que je n’étais pas le seul à souhaiter que Thom Yorke revienne sur scène seulement avec sa guitare sèche… et c’est ce qui est arrivé. Kid A et OK Computer revisités, auraient-ils été en-deçà? Fake Plastic Trees, Street Spirit

Non, mais Radiohead nous a fait oublier le Centre Bell pendant un bon moment… qui s’est vidé comme une piscine.


En complément:

Radiohead à Montréal: balade spatiale avec Thom Yorke

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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