Crise du Brexit: au tour de Boris Johnson de claquer la porte

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The Guardian

Boris Johnson a démissionné de son poste de ministre des Affaires étrangères, devenant le troisième membre du cabinet à jeter l’éponge en 24 heures, plutôt que d’appuyer le plan de Theresa May pour un soft Brexit.

La première ministre était parvenue à un compromis avec son cabinet profondément divisé lors d’une rencontre tenue à Chequers, la résidence secondaire officielle, vendredi, mais après avoir consulté des alliés et des amis, M. Johnson a estimé qu’il ne pouvait faire la promotion dudit accord.

Selon un porte-parole de Downing Street, « cet après-midi (lundi avant-midi, heure avancée de l’Est), la première ministre a accepté la démission de Boris Johnson comme ministre des Affaires étrangères. Son remplacement sera annoncé rapidement. La première ministre remercie Boris Johnson pour son travail ».

Après la rencontre à Chequers, il est apparu que M. Johnson avait qualifié ses tentatives de vendre le plan de la première ministre comme le fait « d’astiquer une merde ».

Son départ fait suite à celui du ministre du Brexit, David Davis, et du numéro de celui-ci au ministère de la Sortie de l’Union européenne, Steve Baker.

En tant que visage flamboyant de la campagne en faveur de la sortie de l’Europe, le départ de M. Johnson viendra aggraver l’atmosphère de crise autour de Mme May, en plus d’augmenter le risque qu’elle doive faire face à un vote de confiance.

La première ministre doit s’adresser à son caucus vers 17h30, heure de Londres, dans un climat de plus en plus fébrile. Si 48 députés écrivent une lettre de défiance, Mme May devra affronter un vote de confiance.

Plusieurs partisans de la première ministre estime qu’elle remporterait un tel vote, mais si elle perd, Mme May pourrait devoir démissionner de son poste de cheffe (et de première ministre), et M. Johnson ferait partie des candidats potentiels.

Dans la lettre de démission de M. Davis, on peut lire qu’il croit que la proposition d’un accord de libre échange entre Londres et Bruxelles s’appuyant sur des « règles communes » « donne à l’Union européenne le contrôle de vastes pans de notre économie, et ne permet certainement pas de reprendre le contrôle de nos lois dans le vrai sens du terme ».

Les partisans du Brexit ont également été mis en colère par ce que M. Baker a qualifié, sur les ondes de la BBC, de réunion « infatilisante » de la part du 10, Downing Street à propos du traitement des ministres pro-Brexit lors de la rencontre à Chequers.


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